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December 20, 8:00am • Havas • part of a series on Silence

#CMpreserve, un thème qui tombe à point pour notre 6e anniversaire

Par Boyana Stefanova, hôte de CreativeMornings/Montréal

Chère communauté #MTLCM,

Quel joli thème ce mois-ci, pile pour notre 6e anniversaire : PRESERVE.

Cela m’a bien fait réfléchir, sur ce que veut dire continuer, évoluer, exister non plus dans la nouveauté mais dans la pérennité. Et j’avais envie de partager un peu avec vous, en toute transparence.

Les hauts

6 ans. On devient grand, on n’est plus des petits nouveaux à Montréal. Pour l’occasion, on vous convie à un grand événement – une conférencière en or, un lieu magnifique et de beaux liens avec le thème. Un CreativeMornings comme on les aime. On pourra célébrer ces moments uniques vécus ensemble et se féliciter du chemin parcouru, vous remercier de l’avoir parcouru avec nous. 72 événements mensuels consécutifs, mémorables tous à leur façon. C’est beau quand même.

Et les bas

Or, derrière tout ça, il y a le côté rugueux de la créativité. Juste le mois dernier, on est passé près de ne pas avoir de conférence – changement de conférencier (à deux reprises!) et changement de lieu. Au milieu du chaos, une équipe qui se mobilise pour livrer malgré tout. Et en parallèle du chaos, un plan B qui se met en place, au cas où. On en n’a pas eu besoin : dans une salle (trop) comble chez District 3, Mara Gourd-Mercado nous partage sa vision d’une vie inclusive avec une grande humanité, et une superbe conversation émerge avec l’audience. #CMserendipity, right?

Et puis derrière les aléas de l’événementiel bénévole, une récente réalité organisationnelle difficile à naviguer. Alors qu’on était super organisés, se sont enchaînés des départs (plusieurs) dans l’équipe – parce que, la vie. C’est déstabilisant, ça crée des trous un peu partout, on passe d’un mode réfléchi à un mode panique.

Je dois vous dire qu’en tant qu’hôte, ça a été éprouvant. Moi qui cherche l’équilibre et aime bâtir sur le long terme, construire sur une base instable, c’est challengeant, voire impossible. Jusqu’à ce qu’on commence à comprendre comment bâtir dans le déséquilibre. La vie m’a servi une belle leçon de leadership.

Préserver parce que ça compte

Dans ces moments difficiles surviennent des questionnements, des pourquoi et comment préserver #MTLCM. À l’aube de nos 6 ans, et avec un peu de recul, le pourquoi prend tout son sens : on doit persévérer car on tient quelque chose de précieux entre les mains. Voilà. Continuer parce que c’est important. Parce que ça nous nourrit. Parce que ça nous fait grandir. Je me suis déjà surprise à dire que #MTLCM m’avait appris à être la femme que je souhaite devenir. Une grande histoire d’amour, de celles qui font de nous une meilleure personne.

Je peux vous assurer que chaque membre de l’équipe que vous croisez aux événements, et ceux qui ont croisé votre chemin auparavant, ont chacun leur histoire d’amour avec #MTLCM. Ça se voit dans le temps qu’ils donnent, le cœur qu’ils y mettent, l’attention qu’ils portent à créer pour vous, et pour nous aussi quand même, ces événements magiques mois après mois.

Au plaisir de vous retrouver le 31 mai 8 h à la Maison des régions avec Dorothy Alexandre, et lancer ensemble notre 7e année!

Boyana

Regards sur la créativité – Entrevue avec Graham Singh, révérend - St Jax

Par Myriam Jézéquel

Qu’est-ce qu’être créatif dans le monde d’aujourd’hui? Coup de projecteur sur l’église St Jax Montréal. L’intention de cette chronique: faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de Creative Mornings Montréal (MTLCM), la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Graham Singh, révérend de l’église St Jax, située au 1439 rue Ste-Catherine Ouest à Montréal.

L’église St Jax de Montréal est à l’image de son révérend Graham Singh. Les deux contrastent singulièrement dans le décor environnant. L’église anglicane toute en pierres grises tranche avec les boutiques colorées du Centre-Ville. Quant à Graham Singh, il a plus l’apparence d’un homme formé à l’entrepreneuriat et au marketing que le style d’un homme de l’Église. Dans son bureau aux tons austères et aux objets nobles, il souffle comme un vent de renouveau. Enthousiaste, porté par sa foi, inspiré par le mouvement Londonien Holy Trinity Brompton, le révérend nous transmet sa vision de la créativité au service de l’Église pour réunir les communautés et grandir ensemble spirituellement.

«Tous créatifs et créatures de Dieu»

Graham Singh ne pense pas que les gens sont créatifs, il en est convaincu. Il croit en l’instinct créatif comme en la nature même de l’être humain. «Comme homme spirituel, je crois vraiment que cela fait partie de notre création, comme partie de Dieu. C’est notre mandat de continuer le travail de créativité de Dieu et de l’univers.» Créatures de Dieu, les êtres humains sont tout autant créateurs du monde, selon le révérend. «Comme êtres humains, il faut prendre la responsabilité d’être les maîtres du monde ici-bas.» Ainsi, des parents sont créatifs en donnant naissance. Selon lui, la créativité est partout et non réservée à quelques métiers à part. Source d’inspiration, la créativité épanouit les êtres. «Quand les gens n’ont pas conscience de leur créativité, ils sont très frustrés. Comme mobilisateur de communautés, une grande partie de mon rôle est d’identifier la créativité en chacun» souligne-t-il.

Homme de foi et mobilisateur de communautés

Et quelle est la place de la créativité dans ce rôle de « mobilisateur de communautés »? «On réunit différentes croyances et différentes communautés. La vision d’un “host communautaire”, c’est de faire cohabiter toutes ses croyances, lesquelles ne sont pas en conflit, même si elles traitent de différents sujets comme l’environnement, les droits humains…». Pour lancer la discussion, j’ose me faire l’avocate du Diable (jeu de mots mis à part) : cette cohabitation des communautés ne risque-t-elle pas de diluer les croyances religieuses dans un flou de croyances éparses? La réponse est catégorique. «La réalité de Dieu n’est pas entamée par la diversité des croyances.» Graham Singh prend l’exemple (et le modèle) de Jésus laissant venir à lui les gens, le questionnant, l’interrogeant. «Jésus n’a jamais exclu; il a invité ceux qui étaient exclus» souligne-t-il. Il estime que sa manière d’être «jamais sur la défensive, ni offensive» est une leçon pour l’Église dans son ensemble. «L’histoire de la Bible, c’est toujours l’accueil de Dieu.» Cette attitude d’ouverture et d’accueil dévoile le fond de la foi en Dieu. «Comme père, mari et employeur, je veux être un rassembleur ni offensif, ni défensif» souligne-t-il. Comme un code de conduite.

La rencontre de la technologie et de la spiritualité

À l’heure où les églises se désemplissent, faut-il être plus créatif aujourd’hui pour attirer les fidèles? «Après mes études de master, j’ai travaillé dans une grande agence de publicité à Londres. L’industrie créative peut nous apprendre sur la façon de créer des communautés». Résolument de son temps, Singh œuvre à intégrer les moyens technologiques au monde spirituel. «Pourquoi ne pas utiliser les réseaux sociaux, les vidéos, le jeu vidéo pour exprimer ses croyances?» Créatif jusqu’à l’expression de sa foi, le révérend n’hésite pas un instant à se mettre lui-même en scène pour attirer l’attention des fidèles. Comme ce jour de Pâques où il s’est déguisé en lapin devant son Église pour les besoins d’une courte vidéo intitulée « Pâques, c’est plus qu’un lapin ». «Le lapin est triste parce que l’église est vide, raconte-t-il. À l’ouverture des portes de l’Église, la population défile joyeusement. La raison? Le film a été réalisé pendant le Festival de la St-Patrick…» Au montage de la vidéo, il a fallu couper beaucoup de séquences sur lesquelles apparaissaient 10 ou 15 cannettes de bières se souvient le révérend en riant.

Restituer l’art au cœur du temple

Au-delà des outils de communication, c’est à remettre l’art au cœur du temple qu’œuvre ce révérend décidément atypique! Son ambition: faire épanouir toutes les formes artistiques sans rien perdre de la vocation ecclésiaste. Ainsi, «à Pâques, cette année, est-ce que nos amis du cirque peuvent expliquer la résurrection de Jésus? On pense que cela ne va pas ensemble. Or, chaque religion a utilisé des formes d’art pour expliquer les croyances». Au moment de l’entrevue, un spectacle d’acrobatie est au programme des activités de l’église St Jax. Je dévoile ma surprise devant ce curieux mélange des genres qui mêle, avec bonheur, hautes voltiges et pensées transcendantes. À travers ce don d’un spectacle du Cirque «Le Monastère» à la population locale, Singh exprime l’ouverture de son église aux manifestations artistiques. Un appel aux créatifs ET aux artistes de toutes disciplines. Toutes les formes d’art ont droit de cité, affirme-t-il. Comme cette récente pièce de théâtre réalisée par une association oeuvrant auprès des réfugiés syriens, laquelle raconte leur long et difficile parcours migratoire.

Faites entrer les artistes !

Si l’Église offre un « espace propice » aux performances artistiques, c’est plus par l’esprit qui anime les lieux que ses hauts plafonds. La gageure, c’est d’offrir aux artistes, une vision ouverte, accueillante et moderne de l’Église. Or, cela commence par changer les perceptions. «Les Québécois, entre 40 et 60 ans, ont en mémoire de discuter de la nouvelle culture québécoise sur le perron de l’Église pendant que leur grand-mère était à l’intérieur». Graham Singh déplore cette image d’une Église enfermée sur ses préjugés et balisée par le poids des hiérarchies sociales. En invitant les artistes à réinvestir ce lieu sacré, il désire ardemment renouer avec la longue tradition ecclésiastique alliant art et spiritualité. Il cite les œuvres d’art sublimes à la base de la théologie chrétienne dans tous les domaines: musique, tapisseries, peintures, sculptures… Un modèle du genre : le Temple de Salomon, également connu comme le premier temple de Jérusalem, où 20 000 musiciens étaient employés à temps plein. «C’était la maison de Dieu créée par des créatifs et remplis d’artistes. Quand on parle de l’Église catholique orthodoxe d’Europe, on parle des plus beaux bâtiments d’une ville. Aujourd’hui, on veut reconstruire et reremplir ces bâtiments avec les meilleurs artistes d’aujourd’hui. Cela fait partie de notre mission».

Les parcours Alpha

Une autre mission qui lui tient à cœur: faire de l’Église un espace de dialogue pour tous. Ainsi, l’église St Jax multiplie les initiatives pour créer ces rencontres où les langues se délient, les inquiétudes et les questionnements s’expriment. «Les gens ont peu d’espaces pour parler. S’ils ont perdu un enfant de maladie, les amis les incitent à aller de l’avant. Ils ont besoin d’un lieu pour exprimer leur colère envers Dieu… Ils veulent pouvoir poser leurs questions. Comment le créateur peut accepter cela ?» observe Graham Singh. À cette fin, l’église St Jax offre le Parcours Alpha, initié par le révérend Nicky Gumbel de l’Église Holy Trinity Brompton de Londres, et proposé dans plus de 165 pays. Destiné à favoriser les échanges, le Parcours Alpha aborde tous les sujets clé du christianisme, tels que compris par toutes les confessions partout au monde…et invite la discussion libre. Ces soirées intitulées “Vivre la plus grande aventure” sont une invitation multiconfessionnelle à aborder le sens de la vie sur une période de 10 semaines. Autre préoccupation actuelle: comment se construit une relation amoureuse à l’heure du “dating” éphémère encouragé par des applications comme Tinder? «Les gens ont peu d’enseignement sur les relations à long terme. Beaucoup ne savent pas comment construire et consolider une relation amoureuse» observe-t-il. Le cours “Date Night” enseigne aux couples mariés ou non, les moyens de renforcer les liens de l’amour et faire durer leur couple, au cours de 7 dîners aux chandelles. Encore un autre pas vers l’autre…


À PROPOS DE L’ÉGLISE ST JAX

L’Église St Jax est une communauté bilingue et multi-ethnique au coeur de Montréal qui cherche à réinventer la vie chrétienne moderne pour le Québec. Le bâtiment de St Jax est aussi un centre communautaire, accessible aux OBNL séculiers, souhaitant partager ces espaces.

QUELQUES MOTS SUR GRAHAM SINGH

Le révérend Graham Singh est diplômé du prestigieux London School of Economics en diplomatie et de l’Université de Cambridge en théologie. Il travaillait en marketing à Londres avant de découvrir la foi en Jésus et devenir pasteur dans l’Église anglicane. Il est aussi PDG de la Fondation des Centres Trinité, créée pour connecter le monde d’investissement d’impact avec les projets de conversion des bâtiments de l’Église en centres communautaires.

Regards sur la créativité – Entrevue avec Rachelle Claveau, présidente - Publicis

Par Myriam Jézéquel

Qu’est-ce qu’être créatif dans le monde d’aujourd’hui ? Coup de projecteur sur l’agence de publicité Publicis Montréal. L’intention de cette chronique: faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de CreativeMornings/Montréal, la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Rachelle Claveau, présidente de Publicis, à leur bureau situé au 358 rue Beaubien Ouest (bureau 500), à Montréal.

n déménagement tout neuf dans le Mile End, un environnement lumineux et décontracté, une synergie d’équipe renforcée: l’année 2019 commence bien pour le groupe Publicis ! Au-delà de ce lieu de foisonnement créatif, l’ambition déclarée de l’agence est d’infuser plus d’innovation à tous les niveaux de la création: de la réflexion stratégique aux processus créatifs, jusqu’à la façon de servir les clients. Un réaménagement physique qui vient aussi traduire la volonté de mettre en commun les expertises en ralliant, sous un même toit, les marques du Groupe Publicis, surnomé « le Publicis Pool ». Rachelle Claveau nous livre son regard sur la créativité, en pleine conscience des enjeux de la publicité d’aujourd’hui.

Nouveau territoire, nouveau métier

À la tête de Publicis depuis deux ans, Rachelle Claveau aborde son métier avec réalisme et enthousiasme. Elle saisit l’enjeu primordial de l’innovation: «innover est essentiel pour demeurer pertinent». Elle connait la nécessité de se réinventer: «chaque jour, je me questionne sur la façon de faire les choses». Elle encourage son équipe: «on veut que les gens soient entrepreneurs à tous les niveaux». Surtout, sa vision de la créativité met en rapport les expertises. «Avant, on était à la recherche de la “grande idée”. Aujourd’hui, on se retrouve à intégrer la technologie et la donnée à nos moyens créatifs» souligne-t-elle. Dans cet environnement de travail, les métiers s’interpellent, se croisent, s’apprivoisent au service de la création. C’est ainsi que les nouveaux lieux fédèrent les 300 employés du Groupe Publicis à Montréal: une entreprise numérique, des agences de communication marketing et de relations publiques. Soulignons que Publicis Groupe fait l’acquisition de nombreuses entreprises qui œuvrent en donnée, technologie et développement de plateformes numériques pour accompagner cette transformation du métier.

L’apport du numérique

La communication personnalisée s’est inscrite de façon durable dans les techniques de marketing. Avant le numérique, la personnalisation s’effectuait principalement à l’aide de données socio-démographiques combinées à l’étude des comportement passés, affirme R. Claveau. «Aujourd’hui, avec (la prolifération de la donnée, toutes les marques se mettent à la personnalisation. Comme consommateur, on laisse des traces partout (habitudes de navigation, achats, interactions dans les médias sociaux, etc.) Cet apport de la donnée se reflète désormais également en création et se déploie à tous les points de contact avec les clients.» observe celle qui vient du milieu du marketing relationnel. Cette nouvelle réalité exige une réflexion en amont. C’est un autre genre d’analyse, une nouvelle façon d’inclure la créativité à la communication. Cette révolution du numérique se reflète dans la composition même des équipes, des talents qu’ils recrutent. «Les équipes de création comprennent désormais en plus des concepteurs rédacteurs et des directeurs artistiques, des vidéastes/photographes, blogueurs et autres créateurs de contenu, spécialistes du motion design, développeurs, etc.»

Esprit créatif, quand tu nous tiens…

L’esprit créatif demeure crucial, souligne R. Claveau. «Même si le marketing tend à s’automatiser grâce à notre accès de plus en plus grand à la donnée, il ne faut négliger la puissance d’une “grande idée” créative». Celle qui s’appuie sur un insight humain et qui suscitera une émotion chez celui ou celle qui la reçoit. «On perçoit une certaine dévalorisation de la créativité pure, au profit de l’efficacité que semble pouvoir générer l’automatisation marketing. Nous devons à tout prix garder en tête la place importante qu’a la créativité dans une équation de performance marketing. Ce qui ne signifie pas non plus tourner le dos aux nouvelles technologies et l’utilisation de l’intelligence artificielle par exemple, mais il faudra les faire travailler ensemble au profit des marques». Un des rôles-clés de son métier est l’habileté de proposer une solution créative à une problématique d’affaires. «Quel est le saut créatif effectué à partir d’un brief client ?» voilà la question. Objectif: susciter une action du consommateur. Pour cela, «c’est la “disruption”, le décalage que je recherche en matière de créativité, c’est l’interprétation artistique de quelque chose. C’est cette capacité à susciter une réflexion de façon nouvelle et rafraîchissante». Selon la publicitaire, la capacité à exprimer une idée — comme personne d’autre ne l’a exprimée — se démarque d’autant plus à une époque de surinformation. «En tant que publicitaire on doit avoir la capacité à reconnaître une bonne idée». Et comment sait-on qu’on tient la bonne idée ? «C’est indescriptible, ça ne se raconte pas, ça se ressent. Ça donne le frisson». Et pour stimuler cet esprit créatif, Publicis offre aux employés du temps dans la journée pour s’inspirer, à l’extérieur d’un contexte de brief client. Car «la créativité s’exprime plus quand ils ont la liberté d’explorer».

Affinités de valeurs

La « bonne idée », on la repère encore à cette affinité de valeurs avec le public-cible. «L’affinité, c’est l’amour, l’émotion, l’affectif…» précise-t-elle. «Créer un moment de magie qui va te prédisposer agréablement envers une marque». Il faut — plus que jamais — créer une affinité avec une marque. Une marque — comme on l’aime — c’est souvent une marque dont on partage des valeurs. Selon R. Claveau, cette tendance n’est pas prête à disparaître. «Les gens croient plus au pouvoir des marques de changer des enjeux de société qu’au pouvoir du gouvernement». Ils vont voter avec des marques qui ont de belles valeurs et une belle politique de responsabilité sociale. Un appel à la responsabilisation des marques. Une invitation aussi à se poser la question: est-ce qu’on est des gens de cœur ou des gens de tête?

Proximité humaine

Question « tendances » de fond… les publicitaires gagneraient à s’intéresser à un autre phénomène observable. Alors que l’expérience-client facilitée est sur toutes les lèvres et se répand à tous les services pour le confort de l’utilisateur, une autre tendance voit le jour: la proximité des services. «Cette recherche du ‘facile’ et du ‘sans friction’, est constante mais la recette est encore à forger» affirme R. Claveau. «Par exemple, le fait d’éliminer des intermédiaires pour mettre en relation l’offre et la demande n’est pas une solution pour tous». Il y a des domaines où les services de l’intermédiaire assurent une paix d’esprit très appréciable pour le consommateur. À qui prédit la disparition des « intermédiaires », la publicitaire met en lumière plutôt la croissance des commerces de proximité, comme ce retour des vieux métiers (barbier, ébéniste, épicerie du quartier…) Pour accompagner cette tendance, les publicitaires ont plus que jamais un rôle à jouer…

À PROPOS DE PUBLICIS MONTRÉAL

Agence de communication-marketing et de services numériques et interactifs, Publicis Montréal met en pratique la synergie entre la technologie, le data et la création pour créer de la valeur pour ses clients. Créée en 1996, l’agence compte 115 employés aux multiples talents pour répondre aux besoins évolutifs de la communication. Située au cœur du Mile-Ex, elle regroupe plusieurs partenaires stratégiques pour créer des « pools » de compétences multidisciplinaires au service de solutions créatives.

QUELQUES MOTS SUR RACHELLE CLAVEAU

Présidente du bureau montréalais de Publicis depuis décembre 2016, Rachelle Claveau détient une solide expérience en milieu publicitaire; elle a passé 12 ans chez Cossette (comme conseillère, directrice de compte, directrice de groupe-conseil, puis vice-présidente), puis 1 an comme présidente chez FCB Montréal. Tout en assurant le développement de partenariats durables avec les clients et la croissance de l’agence, elle s’affaire à renforcer la culture d’entreprise et le développement de l’expertise de Publicis, en plus de chapeauter les activités des principaux clients de l’agence. Rachelle Claveau s’est fortement démarquée par un style de leadership basé sur la transparence, la confiance et la valorisation des talents. Son expertise englobe le commerce de détail, le déploiement de stratégies et de positionnement de marques, ainsi que le marketing relationnel. Elle a notamment collaboré avec des entreprises d’envergure comme Telus, Banque de Montréal, Monnaie royale canadienne, Via Rail et Bell.

Regards sur la créativité – Entrevue avec Jan-Nicolas Vanderveken, président et chef de la direction - Havas Montréal

Par Myriam Jézéquel

Qu’est-ce qu’être créatif dans le monde d’aujourd’hui ? Coup de projecteur sur l’agence de publicité Havas Montréal. L’intention de cette chronique: faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de Creative Mornings Montréal (MTLCM), la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Jan-Nicolas Vanderveken, président et chef de la direction, à leur bureau situé au 1253, avenue McGill College, Montréal.

Marketing intégré, stratégie de marque, design expérientiel, gestion média, expériences virtuelles et interactives… l’agence de publicité Havas est un véritable laboratoire de créativité dans le domaine des communications. Le nom Havas est associé à son leitmotiv: « créateurs de marques impossibles à ignorer ». Que l’agence scrute les tendances fortes, mesure leurs impacts sur les industries, les utilise pour cibler les meilleures stratégies, elle entend bien surfer sur les meilleures vagues. Une façon d’extraire les meilleurs ressorts sociétaux pour créer les expériences les plus mémorables, voilà bien ce qui l’anime. Jan-Nicolas Vanderveken nous offre son regard sur la créativité dans la pub’ d’aujourd’hui! Observations.

La créativité donne l'élan

30 ans que l’agence participe à l’émulsion du milieu marketing au Canada. Un sillage de belles publicités. Un foisonnement de prix nationaux et internationaux. Un concentré de créativité et une constante: la quête d’idées distinctives. Dans ce grand « shaker » créatif, à quoi reconnaît-on une idée inventive? Pour Jan-Nicolas Vanderveken, l’insatiable créativité donne de l’élan aux idées du jour. Et même davantage, elle améliore notre condition humaine. «Toutes les grandes avancées proviennent d’une forme ou l’autre de créativité, dans les différents domaines technologique, scientifique, artistique. Les grandes avancées sont, pour moi, des avancées créatives.» Signes repérables d’un esprit créatif: l’envie de sortir des conventions, d’aller plus loin, d’apporter de l’eau au moulin…

Créatif jusqu’au modèle d’affaires

Loin d’être cantonnée à la promotion d’une marque, la créativité s’illustre dans le processus même d’affaires. «La notion a évolué. Je pense qu’être créatif aujourd’hui, ce n’est pas seulement au niveau des idées visuelles, du texte ou des lignes directrices. C’est une créativité à tous les égards, qu’elle soit au niveau technologique, de la communication ou des modèles d’affaires» précise celui qui dirige une entreprise de 80 employés. En somme, la publicité est un métier créatif autant qu’un métier d’affaires. Avec en tête l’intérêt de ses clients, Jan-Nicolas Vanderveken place la créativité au service des solutions d’affaires. «La bonne idée va faire augmenter les ventes, reconnaître une marque, naître de nouveaux modèles d’affaires… Il y a des résultats tangibles financiers qu’on mesure.» souligne-t-il.

L’esprit inventif en partage

Pour tirer son épingle du jeu, toute agence gagne aussi à croiser les savoir-faire. «Il faut savoir se décloisonner, rencontrer d’autres professionnels dans d’autres métiers… trouver un fil conducteur pour apprendre à travailler ensemble. Plus que jamais, il faut le “savoir travailler ensemble”, “le savoir mettre en commun nos idées”. Sans création d’un cerveau collectif, c’est voué à l’échec» affirme Jan-Nicolas Vanderveken. La créativité est fruit du partage, donc. «Les marques se bâtissent aujourd’hui par la somme de toutes les expériences». D’ailleurs, «la créativité n’est plus une chasse gardée des agences de communication. Il y a plein d’autres acteurs qui vont rendre des services qui répondent aux mêmes besoins. Les barrières tombent entre les différents métiers et les différentes offres de services». Pour Jan-Nicolas Vanderveken, cette ouverture sur d’autres métiers offre une nouvelle source d’inspiration aux créatifs. Elle permet d’explorer de nouveaux territoires, de croiser les regards différents. Il semble bien que la créativité s’affiche à tout niveau, encourageant l’innovation collective sans hiérarchie entre les métiers. Pour illustrer ce nouvel état d’esprit, il cite l’école des sciences de la créativité « La Factry » qui enseigne aux jeunes à travailler dans un processus créatif de collaboration dès le Cégep jusqu’à la formation professionnelle. «Fondamentalement, la créativité ça s’apprend!» résume-t-il.

Au cœur de l’émotion

Et comment sait-on qu’on tient la bonne idée? «La bonne idée, c’est une idée qui appelle à l’émotion, qui fait pleurer, qui fait rire, qui nous rappelle des souvenirs, qui va chercher l’enfant en nous, qui va nous faire poser un geste… C’est là qu’on va chercher la magie» observe-t-il. Les bonnes idées s’imposent donc par la force de l’émotion. Façon de dire qu’un message bien senti est d’abord un message ressenti. Encore faut-il, sur le terrain des émotions, être réceptif aux diverses sensibilités culturelles. «Il faut chercher les références culturelles qui touchent l’émotion» ajoute-t-il. Une histoire de culture et… de langage. Jan-Nicolas Vanderveken invite à prendre en compte la connotation culturelle du langage. «On ne se contente pas d’une traduction qui peut s’avérer un faux pas culturel. La différence entre la traduction, l’adaptation et la connotation culturelle du langage est mal saisie ou, si saisie, elle est peu valorisée». Un exemple? «La publicité d’un produit européen à des Canadiens anglais telle que “L’Europe à vos pieds” est plus irrévérencieuse en français… On va prendre plus de liberté avec la traduction en anglais. C’est faire preuve de créativité à bon escient». Notons que pour identifier la « juste » émotion – comme pour capter l’air du temps - l’agence dispose d’outils d’analyse (Analyse de données, outil CBI [Creative Business Idea], base de données Prosumer, focus groups…)

Inspiré de l’expérience-client

L’émotion tient d’autant mieux sa promesse qu’elle repose sur une expérience-client durable. Inspirée du monde numérique, la notion d’expérience-client s’est imposée comme un nouveau rapport aux marques… «Le monde a changé. C’est avec l’expérience-client qu’on façonne les marques. Pour le client qui consomme un produit ou un service, on parle plus de l’expérience ou de l’émotion que lui a procuré ce produit ou ce service». Et rien de tel que la facilité d’usage d’un produit, rien de mieux qu’un service qui libère l’esprit de contraintes inutiles, pour retenir et ramener les clients! «Qu’ils achètent une auto, une bague de mariage, un cellulaire, une chambre d’hôtel, un souper au restaurant… tout le monde s’attend au même niveau d’expérience-client, à une même facilité transactionnelle. Il n’y a plus de barrière de catégories de services». L’expérience-client s’invite partout et dicte la norme de qualité de services. Conséquence: «La reconnaissance de la marque est moins contrôlée par le marketeur ou le publicitaire. On est moins dans les aspects quantitatifs ou qualitatifs qu’expérientiels. Dès que quelqu’un se montre créatif dans un domaine, comme Uber, on s’attend à ce que tout le monde le fasse. On s’attend à vivre cette expérience partout». De quoi justifier les efforts de Havas pour créer des expériences-clients mémorables qui dépassent les attentes des consommateurs. «Ce n’est pas pour rien qu’on a une équipe de design, de branding, de design d’espace, un partenariat avec une firme d’architecture, qu’on travaille de plus en plus en multidisciplinarité avec d’autres personnes pour créer des expériences qui transcendent traditionnellement notre métier» souligne Jan-Nicolas Vanderveken.

La confiance: nouvel enjeu

Autre facteur d’attraction: la confiance en la marque. «Pour moi, la confiance est l’une des caractéristiques les plus importantes des marques parce que c’est ce qui prend le plus de temps à bâtir et le moins de temps à perdre. Achèteriez-vous le produit d’une marque en laquelle vous n’avez pas confiance? questionne» Jan-Nicolas Vanderveken. «Le consommateur devient de plus en plus curieux et conscient du geste de consommation». Selon une étude réalisée par Havas « The future of trust » (2018), « plus de 8 répondants sur 10, interrogés dans 27 pays, sont d’accord pour dire que la confiance est rare aujourd’hui. La plupart admettent être moins confiants que par le passé et estiment que les gens en général sont moins dignes de confiance par rapport à il y a un siècle . Ils ne se fient pas à « la sagesse des foules » s’exprimant sur les réseaux sociaux et n’ont pas davantage confiance aux « experts » pour contrer la désinformation. Notamment, « 79% des Prosumers sont préoccupés par la pénurie de leaders de confiance dans la société, une hausse de 7% par rapport à 2012 » indique l’étude. Voilà qui pourrait constituer le principal enjeu (et défi) des années à venir pour les entreprises: se montrer digne de confiance!


À PROPOS DE HAVAS MONTRÉAL

Havas Montréal est une agence locale et intégrée. Forte de sa culture entrepreneuriale, elle s’est bâtie autour du talent et de l’engagement de ses équipes. Avec le soutien d’un réseau mondial qui nourrit ses stratégies des meilleures pratiques, l’agence emploie aujourd’hui plus de 250 professionnels dans ses bureaux de Montréal et de Toronto. Leur mission est d’intégrer l’ensemble des expertises nécessaires à la création d’expériences client pertinentes, distinctives et mémorables qui mettent l’humain au cœur des marques et des communications de nos clients. Pour y arriver, elle s’est dotée des meilleurs talents dans leurs pôles respectifs: création publicitaire et communication, planification et réflexion stratégique, design et identité de marque, média, marketing direct et relationnel.

QUELQUES MOTS SUR JAN-NICOLAS VANDERVEKEN

Avec plus de 20 ans d’expérience en communication et en marketing, il veille à ce que ses équipes travaillent dans un cadre leur permettant d’innover tout en leur fournissant les orientations stratégiques axées sur ses connaissances approfondies des technologies, du code, du design et des jeux. Jan-Nicolas est un dirigeant engagé dans la communauté numérique, tant comme conférencier que membre de conseils d’administration. Il a contribué à des projets tels que je vois mtl, 15×15 et la délégation québécoise à SxSW. Il soutient aussi activement des organisations artistiques comme le Festival TransAmérique, La Maison Théâtre et le festival Fringe St-Ambroise. Il est aussi l’instigateur des rendez-vous Lunch Beat Montréal.

Regards sur la créativité – Entrevue avec Louis T. Lemay, président et facilitateur de l'excellence – Lemay

Par Myriam Jézéquel

Qu’est-ce qu’être créatif dans le monde d’aujourd’hui? Coup de projecteur sur la firme d’architecture Lemay. L’intention de cette chronique : faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de CreativeMornings/Montréal (MTLCM), la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Louis T. Lemay, président et facilitateur de l’excellence, à son bureau de Montréal situé au 3500 de la rue Saint-Jacques.

L’immeuble Le Phénix, qui abrite les locaux de Lemay, donne le ton de l’architecture actuelle. La construction est un modèle d’innovation qui valorise design contemporain et savoir-faire technologique. Louis T. Lemay nous livre sa vision de la créativité en architecture et délie ses idées sur les défis du futur. Approche et observations.

Un lieu inspirant

Un lieu de travail n’est pas un choix anodin. Il est souvent des liens entre l’apparence d’un lieu et l’esprit de son fondateur. De fait, « Le Phénix » – un nom hautement symbolique – manifeste la volonté de renouvellement chez Louis T. Lemay. La conversion de ce bâtiment industriel désaffecté en un immeuble écoénergétique reflète sa vision de l’environnement de travail. Louis T. Lemay me montre ​la vidéo décrivant la conception du bâtiment​. L’ensemble de l’édifice est conçu comme un milieu de vie éco-responsable, intégrant un maximum d’expertise en matière de technologies écoénergétiques (énergies renouvelables, stockage d’énergie et de contrôles avancés, ventilation, climatisation, éclairage…). Objectif : atteindre une consommation énergétique annuelle nette positive pour minimiser l’impact de carbone et les coûts d’opération. « Nous désirons également que la conversion du Phénix serve de modèle afin d’accompagner nos clients dans la lutte contre les changements climatiques et la mise en valeur du bien-être des usagers » déclare Louis T. Lemay qui espère que cette performance de rénovation sera source d’inspiration pour d’autres projets immobiliers. D’ailleurs, cette vision est au cœur des valeurs de la firme : « laisser sa marque, sans laisser d'empreinte ! » Outre le côté environnemental, Le Phénix porte aussi la trace du design contemporain : enfilade de marches asymétriques en béton, mur de végétation foisonnante à la manière d’un tableau vivant, graffitis à l’entrée et sculpture contemporaine pour égayer l’ensemble.

Transdiciplinarité des projets

La formule « Intelligence créative. Valeur collective. » signe la marque de la firme d’architecture. Louis T. Lemay développe l’idée : « L’intelligence créative, c’est surtout poser un regard différent sur les commandes ou les enjeux qui nous sont proposés avec une approche qui repose sur notre expertise et notre expérience, et en cherchant le maximum de talents pour une solution innovante ». Quant à trouver des solutions innovantes, comment aborde-t-il les commandes des clients ? « On réunit les meilleurs talents dans toutes les disciplines (architecture, design urbain, architecture de paysage, design d’intérieurs, stratégie durable…) pour porter un regard collectif sur la commande et trouver une solution innovante » explique Louis T. Lemay. Son approche (et sa recette) : la transdiciplinarité des projets et la volonté de sortir des cadres. L’un semble lié à l’autre. Le travail transdisciplinaire est la clé pour repousser les limites, se démarquer en explorant de nouvelles avenues et trouver des solutions inédites. La volonté de sortir des cadres se retrouve dans cette façon d’aborder une situation sous tous les angles et en fonction du public.

L’approche du Centre de transport Bellechasse

Chaque chantier est un défi d’innovation. D’un projet à l’autre, la mise en commun des idées est au cœur de la quête de la meilleure proposition architecturale. Louis T. Lemay cite l’exemple du Centre de transport Bellechasse, un parc de bus de la STM, destiné à entreposer près de 300 autobus hybrides à compter de janvier 2022. « Penser l’emplacement de ce garage dans un quartier résidentiel fut un vrai défi » affirme Louis T. Lemay. « C’était un projet controversé, car la population s’inquiétait du bruit, de la circulation, des inconvénients … ». Principal enjeu : « Comment créer de la valeur autant pour le client, pour les usagers que pour la collectivité ? » Aménagé dans le quadrilatère des rues Bellechasse, De Gaspé, Marmier et Saint-Dominique, ce projet nécessitait de bien orchestrer les intérêts de chacun afin que la STM, les usagers et les citoyens y trouvent une valeur ajoutée. Résultat : « on a réuni une équipe transdisciplinaire pour réaliser le meilleur projet. On a enfoui le garage dans le sol ; on a créé une plateforme végétalisée sur la toiture pour donner un espace vert à la communauté ; on a conçu des bureaux comprenant une cour intérieure aménagée pour les employés.». Notons que c’est le premier centre de transport multi-étagé au Canada et le premier en Amérique du Nord à être complètement souterrain. Cette solution audacieuse a été choisie pour répondre au souci d’intégration urbaine du projet, évacuant les perceptions négatives de la population. En somme, l’approche architecturale offre une « cohésion dans la diversité », résume Louis T. Lemay.

Changements d’époque

La firme Lemay a été inaugurée en 1957. Derrière le nom Lemay se succèdent deux générations, dont le fondateur George-Émile Lemay. Après 61 ans d’existence, l’aventure de la firme d’architecture continue. Comment Louis T. Lemay voit-il l’évolution du métier de bâtisseur ? « Les choses ont énormément évolué. Quand mon père a fondé le bureau, il concevait des écoles, transformant un champ en asphalte pour la cour d’école » se souvient-il. De façon générale, on se préoccupait peu de l’environnement parce qu’on pensait que les ressources étaient infinies. On construisait partout sans autre préoccupation que le bâtiment lui-même. Changement d’époque, changement de priorités. Aujourd’hui, la volonté est à contribuer à un monde meilleur pour les générations à venir. « On sait que 40 % de ce qu’on consomme est lié à l’industrie du bâtiment (conception/opération). Je crois que nous avons une responsabilité sociale. On se doit de penser à ce que sera la société dans 20, 50, 100 ans pour réfléchir aujourd’hui à l’impact de demain. Il y a 30, la préoccupation, c’était l’instant présent » observe-t-il avec recul. Autre changement : les outils du métier et la complexité de l’environnement. « Autrefois, l’architecte seul apportait des décisions. Aujourd’hui, il y a plus de disciplines parce que tout est rendu plus complexe. Il y a plus de données. Par exemple, dans les années 70, une construction c’était essentiellement : fenêtre, béton, toiture ». Aujourd’hui, il existe 200 sortes de fenêtres, 45 choix de toitures. Les nouvelles technologies, l’intelligence artificielle, la modélisation 3D… ont aussi remplacé la table à dessin d’autrefois avec ses règles et ses parallèles. « Devant cette complexité, il faut anticiper l’impact des nouvelles technologies sur notre travail » ajoute Louis T. Lemay.

De nouveaux enjeux

Et de quoi aura l’air l’architecture de demain ? Quels en sont les enjeux futurs ? L’architecte observe que le monde planétaire est habité de nouvelles préoccupations. Il met de l’avant trois enjeux principaux : réchauffement climatique, urbanisation, vieillissement de la population… Sur le chemin des préoccupations environnementales, l’objectif est de construire des édifices écologiques avec de nouveaux matériaux et équipements. « Toutefois, tous les clients ne sont pas prêts à porter un regard différent sur leurs façons de faire, par résistance au changement. Les clients doivent adhérer à suivre cette vision à long terme » souligne-t-il. Question urbanisation des territoires et migration vers les villes, l’architecte cite les risques accrus d’inondation. « Quand on crée des parcs, on peut prévoir des bassins pour récupérer l’eau ou faciliter l’écoulement de l’eau ». Côté vieillissement de la population, le logement de demain doit être pensé en fonction de l’accessibilité, la mobilité, l’accès aux services… « On a besoin d’un habitat adapté, inscrit dans une communauté intergénérationnelle avec un partage des services…» . Pour évoluer, il faut encore suivre les tendances à venir. Un exemple ? « On a planifié l’agrandissement de l’Aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau de Montréal et ses stationnements en sachant qu’à l’avenir, il y aura moins de voitures individuelles et plus de voitures partagées. Donc, on anticipe déjà la deuxième vie de ce stationnement qui sera transformé en espace de bureaux. » Ce ne sont pas les pistes de réflexion sur le futur qui manquent dans son secteur d’activités. « Nous sommes des acteurs privilégiés qui avons un impact sur la qualité de vie des humains. Si on ne pose pas les bons gestes aujourd’hui, on va aggraver les problématiques » conclut Louis T. Lemay. La créativité architecturale a de beaux jours devant elle…

À PROPOS DE ​LEMAY​

Fondée en 1957 comme société d’architecture, ​Lemay est aujourd’hui un chef de file canadien des services intégrés de conception de l’environnement bâti. Tirant profit de sa créativité, de son importante capacité et de son expertise transdisciplinaire, la firme concrétise par ses projets les rêves de ses clients et contribue à la qualité des milieux de vie à travers le monde. Son engagement pour un design remarquable se traduit par lemayLAB, cellule d’innovation et de recherche, et par l’obtention de plus de 350 prix et mentions. Lemay regroupe près de 500 professionnels et se classe au 56e rang des 100 firmes les plus importantes au monde (World Architecture 2018). Lauréate du programme des « Sociétés les mieux gérées au Canada » par Deloitte depuis 2013, elle est devenue membre de la catégorie Reconnaissance Or en 2017.

QUELQUES MOTS SUR LOUIS T. LEMAY

Louis T. Lemay a contribué à positionner la firme comme chef de file dans le domaine de l’environnement bâti au Canada et à l’étranger. Il est Fellow de l’Institut royal d’architecture du Canada, membre de la communauté Young Presidents’ Organization et membre du conseil d’administration de la Fédération des chambres de commerce du Québec, au sein de laquelle il agit à titre de président du Comité Économie verte. Il siège au sein de plusieurs conseils d’administration à Montréal.

Regards sur la créativité – Entrevue avec Cindy Loridon, facilitatrice principale, numérique et innovation - Deloitte

Par Myriam Jézéquel

Qu’est-ce qu’être créatif dans le monde d’aujourd’hui? Coup de projecteur sur le cabinet de services professionnels Deloitte. L’intention de cette chronique: faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de CreativeMornings/Montréal (MTLCM), la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Cindy Loridon, facilitatrice principale, numérique et innovation chez Deloitte à Montréal.

Plus qu’un état d’esprit, la créativité chez Deloitte se reflète d’abord à son environnement de travail et à sa maîtrise des outils pour faire émerger des solutions innovantes. De la « zone de découverte » au « centre Greenhouse » en passant par des sessions d’exploration, Cindy Loridon nous décrit comment Deloitte œuvre à déceler des occasions d’affaires pour leur clientèle.

Briser les silos

Deloitte est l’un des quatre plus importants cabinets de services professionnels mondiaux. Situé au 1190, avenue des Canadiens-de-Montréal, la Tour Deloitte de 26 étages offre une vue imprenable sur le bassin central de la cour extérieure, et sur une partie du centre-ville. Imaginez un grand espace vitré et épuré, de larges escaliers à chaque palier. Les employés circulent et se croisent librement. Un espace propice à la flexibilité et à l’agilité. « Sur les 7 étages, les gens sont invités à s’asseoir là où ils le souhaitent. Il n’y a pas de bureau attitré. Certains bureaux sont fermés, d’autres ouverts souligne Cindy Loridon.» Et même un bureau est équipé d’un tapis roulant pour marcher tout en travaillant. Le choix de l’environnement de travail a son importance et ne passe pas inaperçu. « L’environnement a été conçu pour la collaboration » explique Cindy Loridon. Surtout, l’espace a été pensé pour renforcer les connexions, « briser les silos ». Un espace bistro, des salles de réunion, des espaces café… les espaces collectifs sont mis à disposition pour favoriser le travail d’équipe.

Une hauteur (et une largeur) de vue

Le credo de Deloitte « une hauteur de vue » est mis en évidence dans le livre d’entreprise déposé sur la table basse dans l’espace de réception. « Un esprit créatif a besoin avant tout de prendre du recul et de s’offrir la chance et le temps de voir les choses sous un autre angle, explorer de nouveaux horizons affirme » Cindy Loridon. Prendre du recul pour ouvrir les perspectives se traduit notamment, par l’étude élargie de ce qui se fait de mieux ou de plus innovant ailleurs, dans le monde des affaires. Concrètement, « je travaille dans le centre Greenhouse, une appellation qui désigne un espace d’innovation et un laboratoire expérimental, créé pour accélérer la résolution de problèmes d’affaires de nos clients. On l’utilise à l’interne comme à l’externe. L’idée est de développer des sessions d’un à trois jours sur une thématique particulière, en amont ou pendant un projet, pour donner au client ce recul nécessaire à l’ouverture de nouvelles perspectives » précise-t-elle. Cette hauteur (et largeur) de vue au service des entreprises les aide à mieux gérer le changement (développement de projets innovants, utilisation de nouveaux outils technologiques, intégration de l’intelligence artificielle, gestion des données, mode de travail agile, exploitation de l’innovation numérique…). « La créativité nous aide à innover, mais ouvre aussi des portes et change notre état d’esprit » ajoute Cindy Loridon.

L’art du possible

La créativité est souvent associée à la création artistique et au milieu publicitaire, constate Cindy Loridon. Pourtant, on aurait tort de limiter la créativité au monde des agences de création. À la recherche d’idées innovantes, « Deloitte emprunte les outils du milieu artistique dans les différents projets » souligne celle qui vient du milieu des agences. « Des outils comme le “design thinking” sont repris ici pour mettre l’utilisateur au centre des décisions. On fait des itérations. On prototype les différents projets. On favorise la sortie d’"insights"». Dans les arcanes de la créativité, Deloitte mobilise différents exercices d’exploration et jeux de projection. « Par exemple, les exercices d’analogie aident à se sortir du quotidien. À travers une expérience, les gens se projettent dans un autre univers. » Cindy cite encore la découverte d’autres lieux, destinations et initiatives comme autant de moyens d’explorer tout un monde de possibilités. « Les solutions ne sont pas toujours dans notre secteur d’activité. Souvent, on observe nos proches compétiteurs alors qu’il peut être plus intéressant de s’inspirer de secteurs différents et d’adapter leurs solutions » ajoute-t-elle. Pour accroître les possibilités, « nos clients (surtout les exécutifs concernés) réfléchissent de concert avec nos professionnels dans un effort de co-création ». De façon générale, les gens de Deloitte sont jumelés pour élargir les points de vue et imaginer d’autres scénarios d’affaires. C’est dire qu’avant même d’accompagner les clients en quête de solutions, Deloitte leur apporte une culture de créativité en amont des sessions de travail collaboratif.

Priorité à l’innovation numérique 

Dans un marché ouvert, ultra connecté et hyperconcurrentiel, Cindy Loridon met de l’avant les « outils » de l’innovation numérique: « Chez Deloitte, nous offrons une gamme complète de services professionnels et un vaste réseau d'affaires qui nous permet de bien accompagner nos clients dans l’adoption des technologies les plus récentes ». L’innovation numérique engendre plusieurs enjeux sensibles pour l’entreprise d’aujourd’hui. Un exemple ? À l’heure où l’économie numérique transforme la logistique et la distribution pour l’industrie 4.0, comment préparer le personnel à ce nouveau rôle ? Comment attirer et gérer les talents ? Deloitte connait l’évolution des pratiques humaines qu’exigent les technologies axées sur l’industrie 4.0. « Dans un sondage récent, 63% des personnes interrogées ont indiqué que l’obstacle le plus important à la transformation de leur organisation respective est le recrutement et le maintien en poste de la main-d'œuvre qualifiée appropriée » peut-on lire sur leur site. Une raison de plus de miser sur la créativité pour avancer: « s’adapter aux besoins du marché, c’est mettre le consommateur ou l’usager au centre de la réflexion » résume Cindy Loridon.

À PROPOS DE DELOITTE

Deloitte offre des services dans les domaines de l’audit et de la certification, de la consultation, des conseils financiers, des conseils en gestion des risques, de la fiscalité et d’autres services connexes à de nombreuses sociétés ouvertes et fermées dans de nombreux secteurs. Deloitte sert quatre entreprises sur cinq figurant au palmarès Fortune Global 500® par l’intermédiaire de son réseau mondial de cabinets membres dans plus de 150 pays et territoires, qui offre les compétences de renommée mondiale, le savoir et les services dont les clients ont besoin pour surmonter les défis d’entreprise les plus complexes. Pour en apprendre davantage sur la façon dont les quelque 264 000 professionnels de Deloitte contribuent à avoir un impact qui compte – y compris les 9 400 professionnels au Canada –, veuillez nous suivre sur LinkedIn, Twitter ou Facebook.

Deloitte LLP, société à responsabilité limitée constituée en vertu des lois de l’Ontario, est le cabinet membre canadien de Deloitte Touche Tohmatsu Limited. Deloitte désigne une ou plusieurs entités parmi Deloitte Touche Tohmatsu Limited, société fermée à responsabilité limitée par garanties du Royaume-Uni, ainsi que son réseau de cabinets membres dont chacun constitue une entité juridique distincte et indépendante. Pour obtenir une description détaillée de la structure juridique de Deloitte Touche Tohmatsu Limited et de ses cabinets membres, voir www.deloitte.com/ca/apropos.

Président, Deloitte – Québec : Pierre Laporte
Associé directeur, Deloitte – Québec : Marc Perron
Effectif au Québec : 2616 employés
Effectif dans le monde : 286 000 employés
Plus de 100 bureaux dans le monde

Regards sur la créativité – Entrevue avec Myriam Minville Gallagher de Humanise

Par Myriam Jézéquel

De quoi est faite la créativité aujourd’hui ? Coup de projecteur sur HUMANISE, un collectif de sept agences indépendantes.

Une vision de la créativité. Une culture de travail inspirée. Un management innovant organisé. Et des histoires singulières pavées de belles surprises… L’intention de cette chronique : faire circuler les énergies créatives et insuffler des idées d’innovation en donnant la parole à l’hôte des événements de CreativeMornings Montréal (MTLCM), la vaste communauté créative de Montréal. Ce mois-ci, je rencontre Myriam Minville Gallagher, conseillère des communications stratégiques chez Humanise.

La créativité, un processus avant d’être un produit

Entre les sept agences indépendantes de Humanise, il y a comme un air de connivence: jouer la carte de la créativité dans tous les projets qu’elles touchent, avec tous les acteurs concernés. Plus qu’une déclaration, c’est une façon de penser, de créer ensemble et de mêler les personnalités. Le mot d’ordre : CO-CRÉATION. C’est-à-dire? Dans les faits, on sort des produits créatifs affirme Myriam Minville Gallagher. Mais la créativité, c’est aussi un processus, plus important que le résultat. Parce que les façons de faire se réinventent perpétuellement, que le monde est en constant mouvement… la stratégie du groupe est à œuvrer au confluent de plusieurs disciplines et métiers.

Dans l’ère du « co » comme…

Au palmarès des valeurs d’Humanise: tous les mots semblent commencer par le préfixe « CO »… comme esprit COllaboratif, travail en COopération, au cœur de la COllectivité en vue d’une COntribution à une œuvre plus grande que soi. Et à distance des « personnalités » qui voudraient s’imposer par leurs seules idées et leur style personnel au détriment de la réflexion collective. Un exemple concret ? « On fait travailler ensemble des cerveaux qui fonctionnent différemment. Un rédacteur et quelqu’un du métier média peuvent collaborer sur un projet commun comme l’optimisation de publication sur les réseaux sociaux. On mêle mots et chiffres » décrit Myriam.

Un exemple de réalisations collaboratives? La création par trois agences du collectif, Alice & Smith, U92 et Bleublancrouge, d’un programme expérientiel multicanal, et la captation de souvenirs numériques, pour les joueurs du jeu vidéo Assassin’s Creed Origins d’Ubisoft, en est un exemple aussi ludique qu’éloquent.

L’union créative fait la force du tout

Le collectif Humanise est née il y a un an d’une réflexion collective pour créer une culture commune autour de sept agences indépendantes. « Pendant une journée complète de co-design, nous avons réuni les sept agences et les différents métiers et niveaux, en formant 12 équipes autour de 3 questions: Comment mieux collaborer? Comment développer une culture inspirante? Comment être plus utile pour nos clients? » De cette journée d’intense réflexion, une ligne directrice s’impose au service de la créativité : «l’idée que tout le monde peut apporter quelque chose. » La bonne idée qui transcende la querelle des egos. Une façon de dire que l’union créative fait la force du tout. Une idée simple et exigeante.

Liberté d’esprit et écoute généreuse

Cette idée présuppose de préserver l’indépendance d’esprit de chaque agence. « Pour être créatif, il faut avoir un esprit libre » souligne-t-elle. À cette condition, Myriam ajoute une autre qualité : « l’écoute généreuse ». Presque un « superpouvoir » il me semble. On peut donner notre idée, avec l’assurance qu’elle sera écoutée précise Myriam. Cette écoute est aussi au cœur de la relation avec le client. « Pendant longtemps les agences ont vécu sur cet ego qu’ils sont les meilleurs pour faire des produits différents et les clients n’ont rien à nous apprendre. Mais, ce qui nous distingue, c’est cette sensibilité à l’autre et cette envie d’écouter l’autre. Cette bienveillance-là est très présente ici. »

Construire sur une idée plutôt que critiquer

Envie de décrypter ce que cela change au fond. « Les gens qu’on embauche ne sont pas des gros egos; ils doutent et questionnent “Et toi qu’est-ce que tu en penses? Est-ce que tu peux m’amener plus loin dans ma réflexion?” » Mine de rien, ce regard inversé de soi vers l’autre réoriente la manière de penser. « En sciences politiques, on m’a appris toute ma vie à avoir un esprit critique. Aujourd’hui, je me demande: comment je peux construire sur ce que la personne dit au lieu de trouver les failles dans son discours? » Au-delà de savoir construire sur une idée, il s’agit, pour cette experte des communications, de savoir interagir pour mieux s’élever ensemble.

Cocréer avec le client

Et comment activent-ils l’esprit créatif de leurs clients? « On intègre le client dans cette co-création. Ils veulent avoir leur mot à dire. L’Institut Idée, membre du collectif Humanise, a développé des stratégies et un Processus de cartographie structurale qui nous permet d’alimenter des idées et de répondre à de grandes questions, comme: quelle est l’entreprise du XXIe siècle? La “map” nous permet de chercher des insights profonds lors d’une séance de quatre heures. Des personnes de tous horizons sont autour de la table et on parvient à créer des séquences avec les insights et à voir comment les insights interagissent les uns avec les autres. C’est un outil extrêmement puissant qui cherche les motivateurs profonds des humains » explique Myriam.

Le deal : On continue de vous organiser des événements de feu avec des conférencières et des conférenciers toujours plus pertinents, on vous fournit le café et le petit-déjeuner. En retour, vous apportez votre bonne humeur et votre tasse réutilisable!

Nous ne distribuons plus de tasses jetables depuis avril dernier par souci écologique. Pour vous aider, nous mettons en vente de magnifiques tasses 5e anniversaire faites à la main par Lorena et Antonio de Co/Créa studio.

De magnifiques tasses 5e anniversaire faites à la main pour vous!

Caractéristiques de la tasse :

  • Offerte à 25 $.
  • Elle sera livrée sur place à l'événement.
  • Peut contenir jusqu’à 250 ml.
  • Conçue pour aller au lave-vaisselle.
  • Fabriquée à la main à Montréal sur un tour de potier.
  • Matériel : Argile picoté, glaçures.

Bonus! Ils font aussi de jolis aimants pour souligner les 5 ans de CreativeMornings/Montréal!

Achetez-la en ligne et récupérez-la au prochain événement.

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[English follows]

Déclaration créative pour Montréal

À l'occasion de son cinquième anniversaire en mai 2018, CreativeMornings/Montréal invite sa communauté à prendre 5 engagements envers sa ville pour que celle-ci demeure audacieuse et inclusive. C'est en comptant sur des personnes qui la composent et leur créativité que celle-ci fera face aux défis actuels et à venir.

  • Considérant que le chapitre de Montréal fait partie du réseau mondial de CreativeMornings qui regroupe 186 villes réparties sur tous les continents;
  • Considérant que tout le monde est créatif, suivant le manifeste de création de CreativeMornings;
  • Considérant que CreativeMornings/Montréal a organisé plus de 60 événements rassemblant près de 10 000 personnes au fil des rencontres;
  • Considérant que chaque mois dans différents endroits de Montréal, ce sont plus de 200 personnes qui se réunissent pour entendre une histoire racontée par des acteurs de changement qui contribuent à faire évoluer le paysage montréalais;

La communauté créative de Montréal s'engage à :

  1. Faire preuve de bienveillance envers soi et les autres en exprimant empathie, compassion et souci de l’autre au quotidien, dans ses paroles, ses actes et son attitude.
  2. Cultiver sa curiosité et sa capacité à s’émerveiller par l’ouverture d’esprit et le partage en s’éveillant à d’autres points de vue, jusqu’à porter un regard nouveau sur le monde ; voire à refuser le statu quo et même à s’indigner lorsque nécessaire.
  3. Donner un sens à ses actions en alignant tous les aspects de sa vie avec ses valeurs et ses aspirations pour se réaliser et oser vivre librement.
  4. Provoquer des opportunités et faire briller l’étincelle chez les autres pour les rassembler autour de projets qui les feront grandir.
  5. S’engager activement dans la communauté pour qu’émergent des changements positifs et durables.

Creative Declaration for Montreal

For its fifth anniversary in May 2018, CreativeMornings/Montréal invites its community to make 5 commitments to its city to keep it bold and inclusive. It is through our collective actions and creativity that we will face current and future challenges.

  • Considering that the Montreal chapter is part of the CreativeMornings global network of 186 cities spreading across all continents;
  • Considering that, according to the CreativeMornings manifesto, everyone is creative;
  • Considering that CreativeMornings/Montréal has held more than 60 events bringing together close to 10,000 people thus far;
  • Considering that every month in different parts of Montreal, hundreds of people come together to hear a story told by actors of change who contribute by transforming the Montreal landscape.

The CreativeMornings/Montréal community commits to:

  1. Show benevolence towards oneself and others by expressing empathy, compassion and care for others in their daily lives, through one’s words, actions and attitudes.
  2. Cultivate one’s curiosity and ability to marvel with open-mindedness, by awakening to others’ points of view, taking on a fresh look at the world; even by rejecting the status quo and fighting back when necessary.
  3. Give meaning to one’s actions by aligning all aspects of one’s life with their values and aspirations in order to find fulfillment and dare to live freely.
  4. Create opportunities and help the spark in others shine by mobilizing them around projects that will allow them to grow.
  5. Engage actively in the community to bring positive and lasting change.

Quelques esprits créatifs qui endossent la Déclaration / Some creative minds who endorse the Declaration

Rodrigue Abdallah, BCE
Daniella Acosta, INM, CMTL, ENABLEMTL
Darya Akulshyna, Vayoola
Lusenalto Andrade, Cundari Montréal
Cynthia Angelozzi, CreativeMornings/Montréal 
Susana Antunes, SusanaHEARTiste
Mathieu Arsenault, Institut du Nouveau Monde (INM)
Itai Azerad, Heaven 11 Audio
Annie Baillargeon Fortin, UQAM ET KI-AI Conseils RH
Karen Barahona, Café Enrroca
Jonathan Bélisle, Studio Hello
Marie-Chantal Bergeron, Ville de Montréal - Bibliothèque
Sophie Bernard, Journaliste
Roxanne Bernier, Institut du Nouveau Monde
andrea berroyer, piknic electronik
Louis-Félix Binette, Escouade génie collectif
Steve Bissonnette, Plank
Carole Bitoun, Red rabbit Project 2017
Jessica Boily
Aurélia Boullen, L'Infusart
Catherine Boulos, Un pas pour la Paix
charles brunelle, cofomo
Cecilia Carias, Café enrroca
Thibault Carron, Portraits de Montréal
Florence Chan, Indépendante
Alexandrine Chappet, Parents Orphelins
Olivia Commune, Olivia Commune Coaching
Nicolas Cournoyer, Piknic Électronik / Igloofest
Caroline Crepieux, MIDI
Sergio De La Cruz, Ongoing Entertainment
Cynthia De Petrillo, Pigiste
Stephanie Delisle, Freelance
Marianne Deschênes, Office québécois de la langue française
Arianne Deschênes, Last Post Fund
Coralie Desfontaine, Designer graphique
François Desjardins, CGI
Vincent Desmarais, Fondation Mobilys
Natacha Do, FOR. design planning
Laurence Doyon-Thibeault
Marie Andree Dubrule, CSSMI
Sophie Dudot, Arborethum
Caroline Duguay, Desjardins
Sylvain Duhamel, Me,myself and others
Marylène Dumollard, CreativeMornings/Montréal 
Andréanne Fluet-Chabot, Sid Lee
André Fortin, Creativite33.com
Claude Frigon, Télé-Québec
Antonio Garcia, Co/Créa Studio
Guillaume Garcia, Pique-sel
Lorena Garcia Giron, Co/Créa Studio
Véronique Gareau-Chiasson
Jane Gibb
Marie-Josée Gonthier, Électron libre
Chantal Gosselin, Artiste chanteuse
Pierre Guernier, Entrepreneur
Olivier Hachez-Rivas, N/A
Bobbi Jo Hart, Adobe Productions International
Melinda Hart, hART design
Pascal Henrard, HENRARD.com
Sonia Hernandez Aguayo, NAD
Diana Hor, CreativeMornings/Montréal 
Myriam Houde, Banque Nationale
Asmaa Ibnouzahir, Institut F
Myriam Jézéquel, Écrivaine. Au p'tit bonheur des mots inc.
Elizabeth Johnston, Own Your Creativity
Shannon Kelly, CTV Montreal
Othmane Khaoua, Ok & Co Consulting
Sabrina Kingani, CreativeMornings/Montréal
Geneviève L'Heureux, Artiste multidisciplinaire
Emmanuel Laflamme
Catherine Lafrance, Hydro-quebec
Célia Laguitton, Minuit moins une Théaâtre
Johanne Latour, Johanne Latour enr.
Eliane Leclerc, &CO
christophe lemiere, creation Art Lem
Eric Letarte, Libéo
Yves Leveille, Oner
Fanny Lloret, CoureursMontréal
Inês Lopes, Conceptrice pédagogique
Nogol madani, Glee Factor
Flavia Majlis, L’imprimerie, centre d’artistes
Céline Martin, Celine Martin Conseil
Marie-Ange Masson, Pigiste
François Mérette, Ville de Montréal
Martin Moreau, La Presse
Denys Normandin, Denysnormandin.com
Marie Nothomb, Nodily
Andréanne O'Bomsawin, Pigiste
Annie Ouellet, Annie Ouellet
Pierre Ouellette, Miyagi
arnaud pasquet, Chasing Monsters
Catherine Pelletier Lauzon, Ora
Stéphanie Perron, Pigiste
Anne-Marie Perrotta, Gringo’s AMP Management Inc.
Maria Ponomareva, The SWAP Team
Danièle Powell, Communications Echo Tango
Diane Quinn, Cirque du Soleil
Anaïs Radé, CreativeMornings/Montréal 
Véronick Raymond, Absolu Théâtre / Festival tout’ tout court / Pretium Doloris
Caroline Robert, Bcuit Mtl
Will Salmon, Infiniting
Patrice Saucier, Papautisme.com
Julie Savaria, Emzingo
Manon Séguin, Manon Séguin Design
Ziad Semaan, souveraine
Louise-Véronique Sicotte
Matthieu Sola, CCM Hockey
Simon St-Laurent, Radio-Canada
Boyana Stefanova, CreativeMornings/Montréal
Katherine Sullivan, Université de Montréal
Laurence Tanguay
Patrick Tanguay, Sentiers.media
Sandrine Theard, Les Sources Humaines
Annick Trepanier, Courage Managérial
Simon Trépanier, MT Lab
Julie Turconi, indépendante
Kara Turcotte, Café MRKT
Jonathan Venne Garneau, Apple
William Wachter, Altitude Sports
Warren Wilansky, Plank
Itai Zaken-Levi, The City Painter

Félix Marzell de DIX au Carré, conférencier de février 2018 (#CMcuriosity)

Collabo Portraits de Montréal x #MTLCM

« On vit quand même sur une planète où c’est dur de créer des relations, de communiquer, de comprendre ce qu’on fait ici. Mais je trouve que dans le son, il y a comme une simplicité, un dialogue naturel et facile, qui fait qu’on n’a pas à se cacher pour exprimer une émotion. Pour moi, c’est une corde sensible la musique ; l’univers sonore me passionne. Et créer des objets qui transmettent ce langage, c’est ce que j’aime. Alors j’ai commencé mon parcours en créant des violons. Oui il y avait l’amour de la musique, mais dans ma tête c’était aussi l’objet le plus difficile à faire sur Terre. Et si je réussissais à fabriquer un violon, je serais capable de fabriquer à peu près n’importe quoi ! Aujourd’hui avec des designers, des ingénieurs, des artistes et toutes sortes de monde, on créé des choses un peu déjantées. J’aime ça comme gifler un peu les gens dans la rue, à travers une banane géante ou des sapins musicaux. Créer une sorte de quête à l’intérieur d’un objet sonore. Et dans ces dernières années, je suis arrivé à un point où j’ai envie que l’objet raconte quelque chose. »

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