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Jean-François St-Onge

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May 27, 8:00am • Auberge St-Gabriel • part of a series on Reality

Les Grandes Rencontres créatives : le risque, facteur essentiel d’innovation

CreativeMornings/Montréal, en collaboration avec la Revue Gestion HEC Montréal, organisait vendredi dernier, tout de suite après la conférence de Julian Giacomelli, la première édition officielle des Grandes Rencontres créatives. Au programme de cette première rencontre entre gens d’affaires et créatifs, une réflexion commune sur le thème du risque comme facteur essentiel de l’innovation. 

Aider à penser différemment

Accueillis par un charmant robot au Centre Greenhouse de Deloitte, les 25 participants des Grandes Rencontres créatives ont pu découvrir cet espace immersif, destiné à favoriser la résolution de problèmes et à se familiariser avec les nouvelles technologies. “86 % des entreprises canadiennes ne sont pas prêtes à faire face aux mutations. Or innover est devenu un pré-requis”, annonce d’emblée Nancy Morin, directrice de l'expérience-client du Centre Greenhouse de Deloitte. 

C’est ce désir d’aider les gens d’affaires à penser différemment, grâce à l’analytique, à l’innovation et au numérique, qui justifie l’existence des 24 Centres Greenhouse Deloitte dans le monde, dont 3 au Canada (Toronto, Ottawa et Montréal). Autour de nous, les innovations s’exposent : masques de réalité virtuelle, imprimante 3D…un avant-goût des mutations technologiques qui révolutionnent notre environnement.   

La relation intime entre risque et innovation

“Que l’on parle de startups ou de grandes entreprises, la notion de risque est au coeur de toute démarche entrepreneuriale et inhérente à tout projet d'innovation. S’il est souvent perçu comme un obstacle à la création, le risque devient cependant bénéfique et porteur d’idées nouvelles pour qui sait l'apprivoiser”, explique Catherine Rousseau Saine, directrice des partenariats pour CreativeMornings/Montréal et co-organisatrice de l’événement. 

C’est en partant de cette réflexion que les Grandes Rencontres créatives ont été pensées. Pour en discuter, les 25 participants étaient invités à participer à des tables rondes, chacune étant animée par un créatif en affaires autour d’une question centrale, allant de “Faut-il nécessairement être à l’avant-garde des nouvelles technologies pour innover? à “Comment financer le risque?” ou “Peut-on innover sans prendre de risques?”.

Six créatifs en affaires, au coeur de l’interaction

Pour cette première édition des Grandes Rencontres créatives, six créatifs en affaires ont accepté de jouer le jeu de médiateur / initiateur de discussions: 

  • Claude G. Théorêt, fondateur et PDG de Nexalogy
  • Jonathan Belisle, créateur de Wuxia et cofondateur de Iotheatre
  • Julian A. Giacomelli, investisseur chez edō Capital et cofonfateur de Rise Kombucha et Crudessence
  • Olivier Demers-Dubé et Émilie Nollet, cofondateurs de ÉAU, Écosystèmes Alimentaires Urbains
  • Fady Atallah, cofondateur de Infinite City

Autour de ces figures inspirantes de l’innovation montréalaise, les participants papillonnaient de table en table, se mêlant à la discussion, apportant leur expérience, apprenant de celle des autres, avant de polliniser la prochaine. 

Discussions et interactions 

Au fil des discussions, les idées et les questions fusent. “Comment créer des environnements propices à l’innovation?” se demande un participant, tandis qu’un second questionne la perception que nous avons de l’innovation: “les entreprises qui pensent devoir être à l’avant-garde se plantent. Ce n’est pas étonnant si le terme ‘avant-garde’ tire son origine du vocabulaire militaire. Les premières vagues de soldats envoyés sur le front étaient ceux qui se faisaient décimer en premier. C’est la même chose en affaires, des entreprises comme Apple laissent les autres innover, puis ils observent leurs erreurs et les dépassent”. 

À une autre table, Claude Théorêt raconte: “ Je suis la personne la plus ridiculisée et critiquée de ma compagnie. Pourquoi? Parce que je suis également la personne qui propose le plus de choses! Le rejet fait partie de l’entrepreneuriat”. Cet homme qui a fait du risque son quotidien rappelle la réalité de l’innovation: “Il faut une moyenne internationale de 40 ‘non’ pour 1 ‘oui’. Et à Montréal, la moyenne s’élève à 200″.   

Retour d’expériences

À la fin de cette session d’échanges aussi courts qu’intensifs, la discussion est lancée et les esprits revigorés. 

Invités à partager leur expérience de cette première édition des Grandes Rencontres créatives, les participants sont unanimes: si la discussion part d’une question très théorique, les réponses données par chacun se veulent très personnelles, voire intimes. Une intimité permise par ce sas de réflexion coupé du monde, en petit comité de personnes toutes aussi passionnées, ouvertes et curieuses les unes que les autres. 

Le fait de se retrouver de façon accidentelle autour d’une table crée le contexte idéal pour une conversation profonde en court temps”, témoigne Fady Atallah. 

J’ai aimé découvrir de nouvelles entreprises comme ÉAU, dans cette Greenhouse, en cette Journée de la Terre! Donner des opinions sans être jugé, échanger avec des personnes aussi ouvertes d’esprit”, ajoute Normand. 

De ces discussions, plusieurs outils sont sortis. J’ai aimé la prise de conscience de l’acceptation de l’échec, tant à l’interne qu’à l’externe. En parler permet de créer une acceptabilité sociale bénéfique”, conclut Alice Monnet, d’HEC Montréal. 

Réflexions sur post-It

En quittant la salle, chacun colle son post-it sur la porte. Un mix de réflexions et d’idées qui dessinent les contours de l’expérience qui vient d’être partagée:

  • L’Innovation est une question d’humains et de progrès
  • Être à l’écoute, c’est être à l’avant-garde et permettre la continuité de l’innovation.
  • Exprime-toi aussi différemment que possible
  • L’échec est A-Okay

Quelques derniers non pressés de quitter la bulle des Grandes Rencontres créatives continuent d’échanger, laissant échapper une certaine frustration. “La formule est trop courte!” entend-on ci et là. Louis-Félix Binette, co-fondateur et hôte de CreativeMornings/Montréal se réjouit: “C’est le but de telles rencontres. Ce que nous voulons, c’est initier la conversation pour qu’elle se poursuive au-delà des murs”. 


Texte: Sarah Meublat

Photo: Tora Chirila Photography 

#CMrisk: Julian Giacomelli, cofondateur de Crudessence et RISE Kombucha

La salle était comble vendredi matin, chez Deloitte, pour écouter Julian Giacomelli parler de risque. Deux cent chanceux, tirés au sort parmi près de 600 participants: un record pour CreativeMornings/Montréal! Un engouement certainement dû au thème, mais également à la personnalité attachante et au caractère inspirant de ce modèle d’entrepreneur québécois qu’est Julian Giacomelli.

Qui est Julian Giacomelli?

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Julian est entrepreneur, consultant en management, coach et investisseur. Il a étudié le génie civil à McGill avant de faire un MBA à l’INSEAD en France. Il est surtout le co-fondateur de RISE Kombucha et Crudessence, deux start-ups montréalaises dévouées à l’alimentation saine. Julian a été le CEO de Crudessence de 2010 à 2013 et demeure le président exécutif de RISE. Il a co-fondé VSA Group, qui proposait des services-conseils à des entreprises en démarrage et appuyait des entreprises munies de technologies de pointe brevetées en partenariat avec des universités. Il est investisseur et partenaire chez edō Capital. Julian a également fait du conseil en management, en Afrique du Sud, en Europe et aux États-Unis, et enseigné au MBA en entreprenariat d’HEC Montréal. 

Un parcours hors des sentiers battus

Ce qui séduit de prime abord à écouter Julian Giacomelli parler de son parcours, c’est la sérénité de son approche, cette recherche incessante de construire son propre chemin, non pas en fonction de ce qu’on (la société, la famille, la logique) attendrait de lui mais plutôt en lien avec ses valeurs profondes. 

C’est ainsi qu’il raconte ses différents changements de trajectoires. Son passage du génie civil au MBA de l’INSEAD d’abord: “J’étais ingénieur mais plutôt que de réparer des choses déjà existantes, je voulais en créer de nouvelles”. Autant attiré par l’art que la science, il pense d’abord à devenir architecte. “Mais j’ai pris peur en voyant tous ces artistes dans la pièce”. Il s’envole donc pour la forêt française, direction l’INSEAD à Fontainebleau. Pendant un an, il y rencontre une grande diversité de personnes. “C’était terrifiant, se souvient-il, j’étais le plus jeune de ma classe et je me retrouvais à dire ‘Oui’ à toute une série de propositions que je n’aurais jamais imaginé, comme aller faire du rafting sur le Rhône”. 

À sa sortie de MBA, nous sommes en 1999, en pleine effervescence de la bulle d’Internet. “Il suffisait de dire qu’on avait un MBA pour se retrouver vice-président d’une compagnie!”, rappelle-t-il en riant. Julian Giacomelli se retrouve donc à New York, “à aider les riches entreprises devenir encore plus riches”. Mais, alors qu’il travaille pour la 40e journée consécutive sur le projet de carte noire d’American Express, il décide de filer en taxi à Central Park pour courir et se vider la tête. C’est là qu’un moment d’épiphanie surgit: “Je me suis arrêté net, j’ai regardé la lumière qui reflétait sur les tours de Manhattan et j’ai compris que je n’étais pas à ma place, que je fonçais droit dans le mur”. Plutôt que d’accepter la proposition de promotion qui lui est tendue, Julian plaque tout, prend son sac à dos et part voyager pendant un an à travers le monde. 

Troisième anecdote, troisième revirement. Julian voyage des plages d’Asie au Népal et jusqu’en Inde. Il y découvre le yoga et la méditation. Une histoire d’amour qui l’anime encore aujourd’hui et l’accompagne dans ses décisions d’affaires. Et pourtant, quand l’opportunité de rester en Inde pour devenir professeur de yoga apparaît, Julian refuse. “J’aurais pu accepter, mais je sentais que, là encore, ce n’était pas ma place. Il était temps de renter à Montréal!” 

De retour à Montréal, on ne peu plus svelte et flexible, Julian Giacomelli reprend le consulting à mi-temps. Le reste du temps, il le consacre au yoga. Les opportunités ne se font pas attendre, et rapidement la question se pose: “est-ce que je laisse mon entreprise de conseil croître?” Pour y répondre, Julian part marcher six mois en Europe, décidé à trouver une façon d’aligner son expérience en conseil et ses valeurs. L’idée ? Trouver des entrepreneurs prometteurs, déjà porteurs de projets, et les aider tant financièrement qu’en temps, en s’investissant personnellement auprès de l’équipe sur le long terme. “C’est là que j’ai rencontré trois néo-hippies, qui avaient l’idée de créer Crudessence et RISE, et j’ai aidé ces entreprises à grandir”. 


La gestion du risque

“Qu’est-ce que mon parcours a à voir avec le risque?”, c’est la question posée par Julian Giacomelli pour introduire la suite de sa présentation. Une réflexion sur l’importance de faire face au risque, et de ne pas se laisser dicter sa trajectoire par ses peurs. “Quand on arrive face à des choix profondément personnels, il faut penser différemment et écouter son instinct, cette petite voix qui nous connaît si bien”. 

“Nous vivons dans un monde dont le nombre de problème croît de façon exponentielle, poursuit-t-il. Nous avons besoin de passer à une nouvelle ère”. Un nouveau paradigme qui aborderait le monde dans lequel nous vivons non pas par la lunette des problèmes, mais des solutions. 

Si l’individualisme – dans le sens de “prendre soin de soi” – est important, il ne suffit plus à se sentir entier. ”Devenez des individus connectés à votre communauté!” lance Julian Giacomelli en conclusion. Une réflexion qui fait très fortement écho au discours de Michel Cartier le mois dernier…

Texte: Sarah Meublat

Photo: Tora Chirila Photography

 #CMRisk: The Risk In Rebranding Yourself

These days, branding isn’t only for companies. Your personal brand, the way you present yourself personally and professionally, can be the key to getting that job, making that sale, or attracting those clients. From your previous professional experience, to your online presence and even your personal look and style, all make up your personal brand. Your brand is a snapshot and a promise.

Think not just of your favorite magazine or website, but think of your favorite contributor to that magazine, writer on that site. You love and follow them for specific reasons: their voice; their perspective; their choice of topics. All these things are part of their brand and, if it were to change dramatically, you would notice … and you might not like it.

There’s a reason it’s called branding: like a hot, logo-shaped iron applied to a cow’s haunch, it doesn’t fade. It’s yours. And, in this case, you built it. You own it. But what if you decide you want or need to rebrand? What if you feel this brand no longer represents you or you feel you’ve gone as far as your current brand will take you? What if you feel the path that has produced your current brand is simply the wrong one? You need to consider the very real risks involved in rebranding yourself.

Fact is, rebranding is a reality for many creatives. For many of us, our true interests and passions don’t come to us until later in life. What are the chances that the professional choices you made when you were 18 are going to be professionally and personally fulfilling when you are 30, 40, 50? After spending years on one path, simply leaving that path and forging another can be daunting enough, but convincing family and friends, potential employers and investors, that you belong on that path can seem nearly impossible, especially if your previous brand doesn’t seem to translate neatly to your new one.

A friend of mine is dealing with just such a rebranding effort. Prospective employers wonder why she would possibly distance herself from an achievement many would kill for, why she wouldn’t capitalize on what, to most people, is a major strength, if she is overqualified and why she wants to make such a drastic shift. And, given that branding is all about consistency and reliability, they think of this inconsistency as a risky investment.

So what do you do? Do you take the risk to scrub your current brand away, ignoring years of work and effort? Take the risk to ignore your instincts, stick to the current brand by staying on the old path? Or, work to somehow build a stronger link between the two?  All options come with an inherent level of risk. Which path would you take?


Written by Andre Farant and Sophia Kapchinsky

Illustration by Sophia Kapchinsky 

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La force du réseau CreativeMornings : pourquoi on a besoin de vous!

On le répète à chaque événement: en assistant aux événements de CreativeMornings, c’est un réseau mondial que vous rejoignez. Présentes dans quelque 139 villes à travers le monde, les équipes de CreativeMornings sont toujours prêtes à vous accueillir comme il se doit, en partageant avec vous ce qui rend leur ville si vibrante. Une belle façon de voyager n’est-ce pas? 

Récemment, Louis-Félix Binette, hôte de l’édition montréalaise recevait le témoignage de Phil, qui revenait de Prague, où il avait été reçu en prince par les équipes locales

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Voici son témoignage:

Salut Louis-Félix,

Je t’écris pour te raconter la fois où j’ai été accueilli en roi au CreativeMornings à Prague. C’était pour le thème #CMshock et j’en ai eu tout un, de choc!

J’ai assisté à un talk en tchèque où je n’ai absolument rien compris, mais avec une vibe des plus positives qui n’avait absolument pas besoin de sous-titres.

J’ai exactement fait ce que tu nous as suggéré de faire en voyage: une fois la présentation terminée, je suis allé voir l’organisation et j’ai aussitôt été invité à les joindre pour manger avec la crew. Je leur parlais de Montréal, de New York, de poutine, de clam chowder et de bancs de neige de cinq pieds. Ils trouvaient ça vraiment exotique!

 À un moment donné, quand les gens ont commencé à allumer qu’ils avaient des réunions et s’en allaient, une fille s’est approchée de moi pour faire connaissance. Une Slovaque avec un background d’ingénieure qui fait maintenant dans l’Internet Of Things. Nous avons jasé un peu et elle m’a dit: « Cet aprèm j’ai des rendez-vous, mais dimanche, on pourrait aller déjeuner. ” C’est là que j’ai compris l’énergie des CreativeMornings.

Alors, le surlendemain, j’ai retrouvé cette demoiselle au resto de la tour  Žižkov pour bruncher. On élaborait notre itinéraire de la journée avec une chanson de Céline en fond sonore! J’ai eu droit à un tour guidé de Prague des plus complets. On a tout fait: musées, galeries, le pont, les rues, tout. Des endroits incontournables où ma guide elle-même n’était pas encore allée. Bien entendu, cette fille est devenue une bonne amie, on garde contact régulièrement.

Plus j’y pense, plus je me dis que mon moment préféré de ce premier voyage en solo, a été de prendre un verre sur le top de la Dancing House avec ma guide, et de se dire que les gens sur-analysent bien trop. 

Phil 

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Pourquoi on a besoin de vous?

Pour continuer à faire vivre ce réseau mondial, constitué exclusivement de bénévoles qui ne ménagent pas leurs efforts pour vous offrir des conférences toujours plus percutantes, toujours plus enrichissantes, nous avons besoin de connecter tout ce monde là. Ne serait-ce qu’une fois par an. C’est la raison d’être du CreativeMornings Summit 2016, prévu à Austin au Texas. 

Si la destination ne paraît pas si loin pour nous qui vivons à quelques heures d’avion des États-Unis, elle peut sembler au bout du monde pour une grande majorité. Organiser une telle rencontre mondiale, aussi nécessaire pour continuer à faire vivre le réseau qu’inspirante, coûte cher. 

C’est pourquoi nous nous tournons en premier lieu vers vous, notre communauté locale. Vous qui nous retrouvez dans des lieux toujours plus surprenants, aux quatre coins de Montréal, chaque dernier vendredi du mois pour échanger, apprendre et réfléchir ensemble. 

La campagne Kickstarter touche à sa fin ce samedi 9 avril et nous avons besoin plus que jamais de votre contribution pour continuer à faire vivre le réseau CreativeMornings! 

Alors on compte sur vous :)

 http://www.creativemornings.com/kickstarter

Texte: Sarah Meublat

Photos et vidéos : CreativeMornings (cover et vidéo), Philippe Fournier (2e et 3e photo)

#CMRisk: Apprivoiser le risque en célébrant l’échec au FailCamp

Pour apprivoiser le risque, inhérent à toute démarche entrepreneuriale, il faut démystifier l’échec. Or quelle meilleure façon pour dédramatiser l’échec que de le célébrer, voire d’en rire ? C’est cette idée aussi simple que brillante que visent à promouvoir Léa Beauchamp-Yergeau, Robert Boulos et Francis Gosselin (ex-Creative Mornings Montréal) à travers FailCamp. Un événement où les échecs se partagent comme de puissantes anecdotes. 

Nous assistions vendredi dernier à l’édition montréalaise 2016 dans les locaux de Sid Lee. De quoi initier la réflexion sur notre nouveau thème du mois : le risque.

Lever un tabou

Sur la passerelle jaune qui sépare l’assemblée en deux parties, les conférenciers se racontent tour à tour. Les anecdotes rebondissent, les récits s’entrechoquent. Des confidences publiques qui ébranlent. L’émotion est palpable, les gorges se nouent et les yeux brillent. C’est que dans nos sociétés, l’échec reste un tabou. Quelque chose qu’on tente de gommer honteusement. Comme si les échecs rencontrés allaient ternir une réussite présentée. Pourtant, ce FailCamp nous le démontre avec poigne : derrière chaque succès se cache une série d’échecs. Comme le revers d’une médaille, dont la facture peut s’avérée salée.

Réussite et échec, les deux faces du risque

Qu’est-ce que le risque, sinon l’acceptation que nos actions comportent autant une promesse d’avantages que la probabilité d’un échec ? Tenter de réussir et d’avancer, c’est prendre le risque d’échouer. L’un ne va pas sans l’autre.

L’entrepreneur et chroniqueur Philippe Bertrand, premier conférencier à prendre la parole, annonce d’entrée son pédigrée : « J’ai créé dix entreprises en quize ans. Sept ont été un échec. Il m’en reste donc trois ». Sur la question de l’échec, le serial entrepreneur est sans équivoque: « la question n’est pas de savoir si nous allons frapper un mur, mais quand ». Certains d’entre nous préféreront certainement fermer les yeux en espérant que ça passe, mais la réalité est implacable : nul n’échappe à l’échec. Qu’il soit professionnel, personnel ou amoureux, qu’il soit risible ou potentiellement dramatique, personne ne peut prétendre vivre une vie sans échec.

Un prix à payer ?

Anne Marcotte et Jean-Martin Aussant nous le rappellent : le pire échec n’est pas d’ordre monétaire, mais bien personnel. Si la première a connu un grand succès dans les affaires, elle déplore, la voix tremblante, combien il lui est difficile de rencontrer un homme qui ne se sente pas diminué par sa réussite. Le second se souvient avec un certain regret ses années passées sur la route à mobiliser les troupes autour de son parti, Option Nationale. « Mon succès est inextricablement relié à un échec phénoménal d’un point de vue personnel puisque j’ai manqué les deux premières années de mes jumeaux », confie Jean-Martin Aussant.

Délitement des liens familiaux, sentiment de vivre en parallèle de la société, embûches administratives et financières, situations ridicules…les visages de l’échec sont multiples, tout autant que les risques qui y sont liés. 

Faire de l’échec sa force

Quand la majorité d’entre nous tente de prévenir l’échec, de le contrôler, de l’apprivoiser, d’autres en ont fait leur fond de commerce. C’est le cas de la youtoubeuse Ina Mihalache, hilarant dans son rôle de Solange vous parle. « Solange est un personnage qui assume publiquement son échec et qui en fait sa force », explique-t-elle. Personnage de fiction ou vie réelle de la comédienne, les frontières se flouent. L’air nonchalant et pensif, Ina Mihalache fait de sa vie cousue d’échecs, un théâtre vivant, pathétiquement drôle.

Apprivoiser l’échec

Ali Gerba, ancien attaquant de l’Impact de Montréal et star du ballon rond, se souvient de la fin de sa carrière et de sa dépression quand il a fallu redonner un sens à sa vie loin des projecteurs. Le sportif a la tête froide, des rêves plein la tête, et les mains agrippées à son ballon. « Je suis né dans l’échec, commence-t-il en riant de son enfance au Cameroun, mais j’ai toujours trouvé que la pitié me tuait ». C’est pourquoi, dit-il, il ne se laissera jamais intimider par la peur de l’échec des autres. « Quand j’ai commencé à comprendre l’échec, je l’ai apprivoisé très vite ». Comment ? En tirant de chaque échec l’occasion de chercher à s’améliorer. Une force de caractère qui l’amène d’ailleurs à conclure qu’il n’a aucune intention de célébrer l’échec, que chacun devrait au contraire combattre cette peur en donnant toujours le meilleur de soi.

L’échec ou le risque de ne rien faire

Andy Nulman, président de Juste pour rire, arrivera plus tard en fanfare. Le tempo s’accélère au rythme des anecdotes hilarantes et libératrices du personnage. Pendant plusieurs minutes, il partage avec nous l’une des situations les plus ridicules qu’il ait vécue : invité en tant que conférencier aux CMA Awards, il se lance dans une performance si décalée, entre poèmes et chants gospel, que l’auditoire en est gêné. « J’ai fait toutes ces choses complètement folles, explique-t-il, mais je retire deux choses de cette expérience : premièrement, j’ai eu le courage de le faire ; deuxièmement, ce n’était pas si mal ». Avant de conclure : « Et puis, qui en a quelque chose à foutre ? Je préfère tomber sur le cul que de ne rien faire. En réalité, l’échec n’existe pas. Ce n’est probablement qu’une graine plantée pour un prochain succès ».

Anticiper l’échec

Dernier intervenant de la soirée, Justin Kingsley, maître montréalais du storytelling, revient sur son expérience en tant qu’attaché de presse de l’ancien premier ministre canadien Paul Martin. Une histoire de gestion de crise, en direct, face à un dédale de journalistes sur le qui-vive. Le résultat de micro erreurs accumulées qui se dévoilent sous les projecteurs. L’occasion surtout d’apprendre. Et de tirer quelques leçons pour mieux appréhender l’échec face à une prise de décision à risque : ne pas écouter sa raison, ne pas se laisser guider par ses émotions, mais toujours suivre ses tripes. Quoi qu’il arrive. Apprendre à faire confiance à sa propre paranoïa, et l’accepter comme une force plutôt que comme une tare à combattre. C’est le moyen qu’à trouvé Justin Kingsley pour anticiper toutes les situations les plus risquées. Et se préparer à y faire face.

Se préparer à l’échec

En début de conférence, Philippe Bertrand, avait commencé par nous donner ses cinq conseils pour se préparer à l’échec, notamment en cas de faillite. En cette fin de FailCamp, ses mots résonnent et font écho à tout ce que nous avons entendu. Ses conseils, les voici: 

1.     Soyez vigilant et regardez le mur apparaître

2.     Demandez de l’aide, que ce soit sur un plan professionnel ou personnel

3.     Payez-vous en premier, car une auto sans essence ne va nulle part

4.     La minute que le mur arrive, ralentissez tous vos trips (alcool, drogue, caféine…)

5.     Trouvez-vous une passion. N’importe laquelle, même la plus idiote.


Informations:

FAILCAMP // Pour pour de réflexions sur l’échec, suivre l’actualité des conférences et lire les articles de blogue de Failcamp, nous vous recommandons de visiter http://fail.camp. Vous pouvez aussi suivre leur page Facebook/FailCamp.

CREATIVE MORNINGS MTL // La prochaine conférence de Creative Mornings Montréal, qui aura pour thème le risque, aura lieu le 22 avril prochain. Restez à l’affût en vous inscrivant à notre infolettre: https://mtlcm.co/news ou en nous suivant sur Facebook/CreativeMorningsMTL

Texte et photos : Sarah Meublat

Illustration: Andreas Preis

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#CMCHANGE: 5 questions for Sonya Sammut, founder and owner of Sachère Desserts

Sonya Sammut has been a pastry chef for the last 12 years, working with some of the most prestigious restaurants and executive chefs in Montréal. In 2014, she decided to start her own business: Sachère, a gourmet dessert catering company. Made with high quality ingredients and lots of attention to detail, Sachère desserts are uniquely packaged in ready to serve Mason Jars. 

Last Friday, Sonya prepared delicious breakfast panna cottas for our CreativeMornings/Montréal #CMChange event. This gave us the opportunity to chat with her about her passion for desserts and how embracing change has let her to start her own business.

Creative Mornings Montreal: How did you become a pastry chef?

Sonya Sammut : I’ve always been a creative person. I took cooking classes for one year at the ITHQ, a cooking school in Montréal, where I specialized in Italian cuisine. Then I started working as a cook in a couple of local restaurants. I liked this experience a lot, especially when I was in charge of preparing desserts. So after three years as a cook, I decided to go back to school and become a pastry chef. 

MTLCM: What made you decide to start your own business ?

Sonya Sammut: I am so independent that I wanted to give it a try. After the ITHQ pastry classes, I was working in many restaurants, from Hotel Saint-James where I learned molecular cuisine, to the Casino de Montreal’s kitchens. I had stable jobs for four years but, because of ongoing changes in the Montréal restaurant industry, I had been laid off three times in one year. As restaurants had to cut their expenses, pastry departments are usually the first to go. And so, I thought there could be a market as an independent. Seems I was onto something! 

MTLCM: Mason jars have become a signature for Sachère desserts. How did you discover this idea  ?

Sonya Sammut: When I started Sachère desserts, I was still working part-time and I wanted to create a unique product that would be easy to deliver. Mason jars are easy to transport, easy to install, the desserts stay fresh and they can be kept for a few days in a fridge. Plus, it’s a fun way to share desserts. The idea really took off! 

MTLCM: How do you express your creativity inside the Mason jar?

Sonya Sammut: I am always interested in new ideas. Owning my own business is a great inspiration. Just knowing, when I wake up, that I will be able to create what I want to create is thrilling! I can put very different things inside the jar, depending on the season. I can either show my clients what I can do, or work with their ideas. I really love working with fresh fruits and local vendors. Being responsive to the community is very important to me. 

MTLCM: How do change the way you create and adapt your desserts to the community you are evolving in?

Sonya Sammut: The lactose-free and gluten-free markets are a real challenge that I have recently embraced. My mother was lactose-intolerant and some of the people around me were becoming gluten free but creating lactose-free and gluten-free desserts are still completely new to me. I do a lot of research to find products that taste well and hold well. I place a large emphasis on people’s preferences and tastes. Social media like Pinterest and Instagram are perfect tools for that! 

If you’re interested in ordering Sachère delicious and creative products, visit sachere.com. Sachère Desserts is also on Facebook, Twitter and Instagram.

Photos: Tora Chirila (cover) and Sachère dessert 

Text: Sarah Meublat

#CMchange: Tora’s recipe for change

Let’s assume that you are at a point in your life where you need a new direction, a change in career that goes beyond changing jobs

You want change, need change…How do you do it? Where do you start? How do you even dare? Do you just…quit what you’re doing now? I mean, you have some idea of a plan of what to do, but really? What if it doesn’t work? What if…? The questions go on and on, and you are just stuck.

I was in that position last year, and I was looking for all the answers and advice I could get. I would read blog post after blog post and watch countless YouTube videos on the topic…And I did change paths: from a 9 to 5 career in the corporate financial world to creative freelancing in photography. From being an employee to being my own boss, from having a fixed work schedule to working any time and all the time, from getting a secure monthly income to something much more chaotic. It was one of the hardest and best decisions I have ever taken.

So let me tell you my recipe for change and how I survived it.


1. Be passionate

Passion is the first ingredient. You find/ have something you are deeply passionate about, and this is generally what triggers the frustration in your life.  Passion is what gives the flavour. So add as much of it as you can.


2. Be motivated

Motivation is an extremely important ingredient. You need to understand that real change happens when you realize that keeping the status quo is a far more frightening thought than going through the effort of change. Change is not easy. It was not easy for me, it will probably not be easy for you. But once you have the motivation, what you need to do becomes very clear. You can also add in the mix: will-power, perseverance, determination, and a sprinkle of stubbornness.


3. Rationalize: 

Yes, be smart about what you’re doing, plan ahead, save money, research as much as you can about your new path, do it part time for a while. Change is no joke and you need to take it very seriously. For me, change came with a resignation letter, but it really happened over time. I studied photography, freelanced during summer, I saved money and planned ahead. I knew what I was doing, yet somehow I had no idea what I was getting myself into. My lifestyle changed completely and it really took me a while to get used to it.  


4. Hustle

This is what makes this whole recipe really difficult. I mean, if you aim high (and you should!), you will need to push yourself every day. Let’s say you’re switching from a full time job to freelancing. There are many sleepless nights ahead of you, your social life will most probably suffer, you’ll need to juggle several projects, manage tight deadlines, you’ll need to learn new skills and be better than your competition. The way I see things? Don’t go into freelancing because you expect it to be easier than your day job (it won’t), especially don’t expect to work less (you won’t). Take it as a challenge and accept that failure is an option.


5. Learn new skills

I mentioned it above, but getting new skills is an important ingredient.  Whatever change you’re undertaking, chances are you’ll need to learn some new skills. And I’m not really talking about the obvious ones, the skills for your new trade. Let’s use the freelancing example. Well, if you’re an artist, chances are you don’t know much about business, marketing, sales, and everything behind managing a (small) business. Lucky you, we live in this century and all the information you need is out there on the www. But it takes time, and you’ll much rather finish that design for your client than learning how to use FreshBooks. However, learning these skills might make the difference between success and failure.


6. Enjoy the ride

And don’t tell anyone but this last one is my secret ingredient: enjoy the ride!!! Keep your end goal in mind but don’t forget to live in the moment and be happy with whatever you’re doing. This is what made and makes everything worth it for me! Change is a bumpy road, with ups and downs but I enjoy every step of the way and I try to have fun with every challenge that my new life throws at me. This way, I know that whatever happens, I’ll look back with no regrets thinking: “That was one heck of an amazing experience!“

Text and photography: Tora Chirila

CreativeMornings/Montréal wants to introduce you to the beautiful sounds of the handpan and James Bougill, who will share is music with the CreativeMornings/Montréal community before the main presentation by Michel Cartier, this Friday March 25th at the #CMchange event between 7.30 am and 8.30 am.

#CMChange: An interview with James Bougill

How did you get started as a musician?

My father had a drum set in the basement and when I was a little boy I would play around with it every day after school. This was around the time when I was four. I started to become more serious about drumming at seventeen as I was discovering different world rhythms and learning about AC/DC, Miles Davis, Tito Puente, Ravi Shankar, to name a few.

How did you find your rhythm?

In moving from Plattsburgh to Montréal, I’ve been able to meet more musicians with similar interests which has had a great impact on how I play and create new rhythms.  For example, I’ve always wanted to play in a true Cuban-style band, which became a reality here in Montreal. The band is like a freight train of rhythm - really heavy stuff with some of the finest musicians in the city.  We play every Monday at Dieze Onze . Here’s a small sample:


Why did you decide to start playing the handpan?

About 10 years ago I saw a video of someone playing the handpan and I immediately became interested. It was hard to get one in Plattsburgh. However, within months of moving to Montreal I met a handpan manufacturer, Jocsan Riviera. Jocsan Riviera, who owns PANacea Sonora, and I became good friends and I became well situated within a small community of great players.

What do you like about the handpan?

The handpan is a wonderful instrument to practice. Unlike drum which can get 2-3 main tones, you get 8-9 beautiful tones with the handpan, along with a host of other colours that are also very interesting.  The handpan is a perfect vehicle for carrying out various rhythms and is a great blend of beat and music.  It has a striking archaic sound, like the gates of heaven.  

I’m looking forward to sharing my music with the CreativeMornings/Montréal community before the main presentation by Michel Cartier this Friday March 25th at the CMchange event. I’ll be playing between 7h30-8h30. 

See you there!

Written by Sophia Kapchinsky

Michel Cartier, penseur visionnaire du changement 

Michel Cartier a un surnom: “L’ancêtre”. L’ancêtre de la micro-informatique, observateur passionné des mutations technologiques telles qu’elles ont chamboulé nos vies et continuent de transformer nos sociétés modernes, économiquement, politiquement, culturellement. 

Parcours d’un pionnier de la micro-informatique

Diplômé de l’Institut des arts graphiques de Montréal, imprimeur dans les années 1950, chorégraphe et réalisateur à la télévision dans les années 1970, Michel Cartier devient professeur au Département des Communications de l’UQAM de 1975 à 1997, où il enseigne la télévision et le multimédia. Pionnier de la micro-informatique dès les années 1980, il a participé à l'implantation des réseaux Platon, Télidon et Internet tout en explorant des domaines comme l'enseignement à distance, le e-gouvernement et l'édition électronique. Alors vice-président de la fondation Éducation Apple et directeur du laboratoire de télématique à l’UQAM, il fonde en 1990 le RVTI (Réseau de veille sur les technologies d’information), devenu depuis le réseau ConstellationW. 

Pas étonnant, avec un tel CV, qu’il intervienne - encore aujourd’hui - comme consultant auprès des gouvernements et des institutions du monde entier dans le domaine des nouvelles technologies d'information et de leurs impacts sur la langue et la culture. 

Sa mission? 

Analyser la mutation technologique des sociétés, la décrypter, la questionner sans relâche, tout en tentant de l’expliquer. Pour ce faire, Michel Cartier enfile ses trois paires de lunettes: économique, technologique et sociale. Trois piliers qui ne peuvent être isolés l’un de l’autre pour comprendre le changement et l’anticiper. 

C’est au prisme de cette triple analyse que Michel Cartier a fait de la prévision sa spécialité. Une prévision à 5 ans, jamais au-delà, qui se fonde sur une étude fine et en réseau des marqueurs de changement. Et s’exprime par une série d’hypothèses, destinées à susciter le questionnement…et la prise de décision avisée. 

Au programme 

Qui mieux que Michel Cartier pouvait donc nous parler vendredi du changement? 

Que les choses soient dites: Michel Cartier n’est pas du genre à faire dans la langue de bois, mais plutôt à dire les vraies affaires, comme elles sont. Au risque de froisser. Alors préparez-vous à être secoués. 

Ce que Michel Cartier nous dit? Nous sommes à la veille d’une 4e révolution industrielle. On en perçoit évidemment déjà les prémices, mais la série de mutations que nous vivons n’est qu’un début de ce qui nous attend dans les prochaines années. Alors si vous voulez comprendre ces mutations et anticiper celles à venir, un conseil: retrouvez-nous vendredi 25 mars au Salon 1861 à Montréal! 

Rendez-vous

Quand? vendredi 25 mars de 8h à 9h30

Où? Salon 1861, 550 Richmond à Montréal

Partenaires: Cossette, Lickstats, Sachère desserts, PopupCamp

Services: PopupCamp, une halte-garderie mobile événementielle, nous offre leur service et aménagera un espace pouvant accueillir les enfants de 3 à 10 ans. Ce partenariat permettra à 10 enfants de s’amuser pendant que leurs parents pourront profiter de l’événement ‪#‎CMchange‬. 

Informations et inscriptions: https://mtlcm.co/35/fb

Politique de la billetterie: Les billets pour CreativeMornings/Montréal sont alloués au hasard afin de permettre à chacun une chance plus équitable d'assister à nos événements. À compter du lundi 21 mars à 11h, vous avez 24 heures pour vous inscrire en liste d'attente. Le tirage aura lieu le mardi à midi. Les 100 premiers inscrits sont assurés d'obtenir un billet.

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#CMEthics: 8 questions à Carole Poliquin, réalisatrice engagée

Ses films bousculent, font réfléchir et réagir. Des documentaires au style engagé, destinés à questionner les « a priori », notre façon de fonctionner, de penser. La réalisatrice Carole Poliquin était l’invitée de l’édition montréalaise des CreativeMornings, ce vendredi matin à la Cinémathèque Québécoise

L’occasion de revenir sur sa démarche créative… et sa relation (inavouée ?) avec l’éthique, notre thème du mois. Une discussion poursuivie, hors scène, que nous partageons ici avec vous : 

Qu’est-ce que vous évoque le mot « éthique » ?

Le mot « éthique » n’est pas un mot que j’utilise vraiment pour décrire ma démarche. J’aborde la question par l’autre bout, en parlant plutôt d’injustice. Un jour, il y a longtemps (rires), je suis allée à l’université suivre un cours d’éthique comme auditeur libre. J’ai toujours considéré que l’éthique avait quelque chose de plus intellectuel que je souhaitais apprivoiser. J’aime l’idée d’asseoir du monde ensemble pour solutionner un problème, régler un conflit dans le respect de toutes les parties. En fait, c’est l’éthique appliquée qui m’intéresse. Je ne suis pas particulièrement à l’aise dans l’abstrait. Je fais des films et j’ai besoin que les histoires que je raconte viennent me chercher. Finalement, je dirais que mes films s’inscrivent surtout dans une révolte face à l’injustice.

Vous souvenez-vous de la première fois que vous vous êtes sentie conscientisée par une cause, un événement ?

Quand j’ai terminé mes études de théâtre au Conservatoire d’Art Dramatique, je suis partie voyager pendant six ans. À l’époque où je vivais à Istanbul, il y avait beaucoup de manifestations réprimées très violemment. J’ai vécu en direct les effets des politiques américaines, du Fonds Monétaire International (FMI). C’est là que ma conscience s’est éveillée. J’avais 21 ans.

Que ce soit sur les thèmes de la mondialisation, du marché du travail, des conséquences de la pollution sur la santé, l’identité…vos films sont toujours très engagés. Savez-vous ce qui vous pousse à réaliser de tels films ?

J’ai toujours eu le goût de changer le monde. J’ai choisi de faire des films comme j’aurais pu écrire des livres, militer pour des causes. Pourquoi ? L’injustice me révolte, les abus de pouvoir qui viennent avec l’argent. Je n’accepte pas qu’un humain soit privé de sa dignité humaine, de la possibilité de s’épanouir.

Chacun de vos films s’inscrit en effet dans une quête de vérité, dans de grands principes moraux. Comment parvenez-vous à circonscrire un sujet ?

Un film naît toujours d’une réflexion. Différents sujets m’interpellent. Par exemple, il y a une quinzaine d’années, je n’arrivais pas à choisir entre faire un film sur l’appropriation privée de l’eau, un autre sur la question des brevets, sur le génome humain et celui des plantes, ou encore sur la privatisation des services publics. Puis j’ai eu un éclair : je me suis dit que tous ces sujets étaient reliés par la notion de disparition de biens communs. C’est donc ce grand thème qui a chapeauté mon film.

Il y a donc une certaine approche philosophique dans vos films.

Quand je réalise un film, j’ai toujours une démarche de vulgarisation. Ce qui ne veut pas dire simplification. Au contraire, je veux amener la réflexion à un niveau philosophique, ou disons tenter de faire ressortir les grands principes qui devraient guider nos choix collectifs. Le film en devient plus universel, plus intemporel. C’est ce qui fait d’ailleurs qu’ils sont encore présentés dans les cours de philosophie, de sociologie, ou de sciences politiques. On me dit aussi parfois que mon regard est transversal. Effectivement, j’essaie de décloisonner. Je cherche toujours à faire ressortir les liens entre les différentes situations que nous vivons comme citoyens. À montrer comment nous sommes imprégnés d’une forme de pensée qu’on nous présente comme inéluctable, et qui limite notre champ de vision autant que l’élaboration de solutions.

Qu’est-ce qui déclenche, chez vous, l’envie de faire un film ?

L’envie de comprendre ! Ce que j’aime avant tout, c’est démonter les mécanismes du système pour qu’on le comprenne. Je pense à L’âge de la performance par exemple. Au début des années 90, on parlait sans arrêt de performance, d’excellence dans le monde du travail. Or, tous les travailleurs sentent très bien que c’était des mots soigneusement choisis pour nous faire croire à un accomplissement personnel alors que le but visé était toujours l’accroissement de la productivité, et ultimement faire toujours plus d’argent. 

Comment situez-vous vos films par rapport au journalisme ?

C’est l’approche, la manière de regarder un sujet, de raconter une histoire. Avec un documentaire, tu peux te permettre d’avoir un point de vue là où le journalisme impose une certaine « objectivité ». C’est aussi le temps qu’on y met. On peut passer des années sur un film. On a besoin de temps pour la recherche et aussi pour établir des relations de confiance avec nos protagonistes. C’est enfin le questionnement politique derrière. Il m’est arrivé, à la suite de reportages à la télé, de me dire : ils s’arrêtent juste au moment où ils allaient commencer à nommer les vraies affaires !  

Est-ce qu’un film peut changer le monde ?

Comme tout ce qui suscite la réflexion, les documentaires participent au processus de changement social. Mais il faut aussi qu’ils arrivent au bon moment. Ça prend tellement de temps de faire un film, qu’il faut d’une certaine façon anticiper les questionnements qui vont surgir et deviendront incontournables dans deux ou quatre ans, pour contribuer à les amener dans l’espace public. Le film ne doit pas arriver tout seul non plus, il doit y avoir des mouvements sociaux qui portent les mêmes questionnements et s’approprient le film comme outil de discussion. Les projections de films créent des occasions de rencontre. Et quand les gens se rassemblent pour discuter, ils se disent « tiens, je ne suis pas le seul à penser comme ça. » Et c’est le début de l’action.

Texte: Sarah Meublat et Carole Poliquiin

Photo: Tora Chirila

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