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August 24, 8:00am • Stationnement Ethel • part of a series on Community

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#CMBroken: When Does Reworking End and Breaking Begin?

A personal reflection by Sophia Kapchinsky & Andre Farant, CreativeMornings/Montréal 

I used to belong to a writers circle. We would bring samples of our work to be reviewed and discussed, get feedback on our writing and provide it to others. Much of it dealt with editing and rewrites, cleaning up a first draft. One guy, though, seemed intent on heading us off before we could suggest a single edit. He would bring us bits of writing that he had clearly edited himself, over and over again. In the end, though, his piece was barely decipherable. He’d edited the thing into meaninglessness.

As with any creative endeavour, reviewing, reworking and refining are essential. That first draft, first sketch, first version is the fun part; the tweaking and trimming is where the real work is done. To paraphrase Ernest Hemingway, you write drunk but you rewrite sober. But how do you know when the reworking process is complete? How do you know when you’ve done enough and are about to overdo it?

Reworking need not be solitary work

Stephen King has said that, given the chance to rework previous novels, he could find hours’ worth of words to remove, characters to refine, plot points to alter. But, back when he originally wrote these novels, King did, at one point, decide that he was done. Of course, King had an editor to give him perspective on when to call it quits. It’s a reminder that no creative work is—or need be—a solitary endeavour. Bring a second—or third or fourth—pair of eyes to you work, before and after you’ve reworked it.

The importance of creative restraint

To many, the paintings of Jackson Pollock look like random splashes of colour, with little to no sense or planning. With work like his, it is hard to imagine how he could have ever determined when to quit splashing paint upon the canvas and call it a job done. Pollock’s work, as bold  as it may be, is a classic example of artistic restraint. Just as good jazz is about the notes that aren’t being played, Pollock’s painting is about the paint that wasn’t dolloped, drizzled and dripped. The same restraint must be applied to the reworking process. Unfortunately, for those looking for an easy answer, restraint comes primarily through experience, practice, and confidence. Take the time to master your craft and learn when to walk away.

Making peace with imperfection

Confidence is key. That guy in my writers circle? The way he reworked everything to death was a demonstration of his own lack of confidence. He strived for perfection but overreached. He broke his own work. To build confidence, accept that no one—and no work—is ever perfect. Perfection is a bottomless pit. Accept that imperfection is acceptable, that it’s part of the process, that it makes your work more interesting and—more importantly—it makes it yours, because no one can be imperfect quite like you.

 Text: Sophia Kapchinsky & Andre Farant

 Illustration: Donald Ely

#CMReality : 5 attitudes à adopter pour relever les défis de la réalité

S’il est impossible de choisir la réalité qui s’impose à nous, nous pouvons toutefois choisir la manière de l'aborder. C’est le constat que posait l’architecte Jean-François St-Onge, lors de sa conférence sur le thème de la « Réalité » à la dernière édition de CreativeMornings/Montréal.

L’idée de départ était la suivante : contrairement à l’artiste qui questionne la réalité et l’interprète, un designer a pour objectif de répondre aux réalités qui lui sont soumises. Face à ces réalités multiples, évolutives et complexes, un designer n’a pas d’autre alternative que d’adapter son attitude face aux réalités d’un projet.

À partir de son expérience en tant qu’architecte, que ce soit au sein des cabinets dans lesquels il s’est formé, ou au sein de sa propre agence, ADHOC architectes, co-fondée avec son associé François Martineau, Jean-François St-Onge a élaboré cinq attitudes différentes.

Cinq attitudes qui s’avèrent de véritables outils à qui souhaite mener à bien des projets ou travailler de façon collaborative.

1. L’attitude du parachutiste

Le parachutiste est celui qui ose sauter et se mettre en péril pour vivre des sensations fortes. Une fois embarqué dans le projet, on ne peut plus rebrousser chemin.

Étude de cas : le projet SPOT

Le projet: Des étudiants, encore sur les bancs de l’école, contactent ADHOC architectes pour un projet d’installation au village éphémère du SPOT à Québec. Le projet est super, mais les étudiants n’ont pas de budget. Encore plus fort, non seulement ils souhaitent qu’ADHOC architectes construisent le projet, mais également qu’ils le subventionnent. Un culot qui paie puisque Jean-François et François décident d’embarquer pour ce premier saut en tandem dans l’inconnu.

Les défis :

1.     Après deux semaines, l’équipe d’architectes est confrontée à une première charrette. Ils ont 24 heures pour proposer un projet. Après une peur de la page blanche, ils se laissent inspirer par le thème du jeu et proposent de créer une canopée de 1 200 virevents.

2.     L’idée des virevents fait l’unanimité mais les premières estimations affichent un coût de 10 000 $. Le budget fixé à 2 000 $ ne suffira pas. Germe alors l’idée de demander à la compagnie 3M de rejoindre le projet. La proposition séduit le représentant de 3M, qui décide d’offrir les trois rouleaux nécessaires à la réalisation du projet.

3.     Les premiers prototypes fonctionnent au début, puis se mettent à exploser un à un. « On n’avait plus d’autre choix, si proche de l’installation, que de s’adapter. Nous avons donc fait des virevents plus petits et moins espacés afin qu’ils soient plus résistants ». Pendant 10 heures, 10 personnes s’activent donc pour créer 1 200 virevents, à la main.

Le résultat ? « La réalité dépassait la fiction ! », s’enthousiasme Jean-François, des pépites dans les yeux. La canopée fascine les passants, et chose totalement imprévue, émet une sorte de chant selon les mouvements du vents. L’effet est presque magique. À tel point que le projet obtient de Grand Prix du Design, dans la catégorie « Installation Éphémère ».

La leçon à tirer : Grâce à ce projet, l’équipe d’ADHOC architectes comprend combien il est important d’apprendre à prendre des risques pour innover.

2. L’attitude du Tai Chi

L’adepte du Tai Chi s’ancre dans la réalité et parvient à concentrer son énergie de façon à la transmettre à son client sous la forme d'une idée claire et unique que le client s’approprie peut à peu. 

Étude de cas : la maison Bouleau

Le projet: Une cliente passionnée d’art et de culture amérindienne arrive avec le projet d’une résidence multi-générationnelle, dans le quartier de Saint-Sauveur à Québec. « Nous avons absorbé toute l’énergie de la cliente, et nous sommes plongés dans l'histoire de la culture amérindienne ».

La solution: C’est en partant de l’idée du bouleau que le projet commence à prendre forme. « Le bouleau est un emblème important pour les autochtones. C’est aussi le premier arbre qui repousse après un incendie de forêt », explique Jean-François.  « Nous avons donc travaillé l’idée d’écorce, d’intérieurs doux, tendres et chaleureux. Pour plus de fluidité, nous avons fait en sorte qu’aucun mur ne touche les murs extérieurs, tel les rayons de croissance d'un arbre».

Le résultat : Le projet est devenu « la Maison Bouleau », une bâtisse qui se mêle harmonieusement à son environnement et qui transmet les valeurs profondes de sa propriétaire.

La leçon à tirer : Grâce à ce projet, l’équipe d’ADHOC architectes comprend combien il est important de s’imprégner de toutes les énergies entourant l’origine d’un projet.

3. L’attitude du contorsionniste 

Le contorsionniste veut plaire à tellement d’interlocuteurs en même temps que le projet devient fragile à toute modification.

Étude de cas : la Géode

Le projet: L’équipe d’ADHOC architectes reçoit la demande de construire 5 unités sur un site exigu. Pour complexifier la chose, de nombreux acteurs sont impliqués, avec chacun leur propre réalité à prendre en compte.

La solution: « Nous avons décidé de nous inspirer des ryads marocains, dont les murs fermés sur l’extérieur révèlent de véritables jardins d’éden à l’intérieur ». Pour que le projet soit validé, l’équipe est amenée à faire preuve d’une grande flexibilité par rapport à son idée de départ, mais le projet Géode prend malgré tout forme.

Résultat : Le projet Géode va être construit à l’intersection des rues Marianne et De La Roche. La livraison est prévue pour l’automne 2016.

La leçon à tirer : Grâce à ce projet, l’équipe d’ADHOC architectes comprend que la collaboration implique d’accepter de voir son projet et son idée de départ aussi bien bonifiée qu'altérée.

4. L’attitude du surfeur

Le surfeur saisit la vague, prend son énergie et s’élève au rythme des flots. S’il est bon, il peut même s’amuser en le faisant !

Étude de cas : la clinique de soins Nu Face

Le projet: Les propriétaires d’une clinique de soins à Laval arrivent chez ADHOC architectes avec un plan d’affaires basé sur Disney World. Le projet est extravagant et inattendu : « Les clients voulaient un candy bar, des statuettes grandeur nature de Star Wars et un aquarium géants dans leurs locaux », se souvient Jean-François. Outre ce défi inhabituel, le projet doit être conçu et construit en seulement 3 mois ! 

La solution: « Face à cette situation, nous avions deux solutions : nager au plus vite pour rejoindre la plage, ou se mettre à surfer ». L’équipe d’ADHOC architectes choisira évidemment à seconde option. « On s’est rattaché de nos deux mains à l’aile du papillon, leur logo ». Ils en étudient l’iridescence, et l’adaptent aux couleurs de l’entreprise. « Ce que nous avons compris derrière la volonté de nos clients de s’inspirer de Disney World, c’était de créer un lieu où le rêve est permis ».

Le résultat : Quand les clients de Nu Face découvrent le projet, ils n’en croient pas leurs yeux. « On oublie complètement qu’on est à Laval, on se croirait à Los Angeles ou à New-York ! » s’exclament-ils. Non pas parce qu’ils n’aiment pas leur ville, mais parce que des places comme Los Angeles sont des lieux où l’imaginaire se libère.

La leçon à tirer : Grâce à ce projet, l’équipe d’ADHOC architectes comprend que s’abandonner à l’univers des autres peut permettre de repousser ses propres limites.

5. L’attitude du bobbeur

« Avant de me lancer en entreprenariat, je connaissais bien mes qualités et mes défauts, explique Jean-François. Face à ça, j’avais deux solutions : soit je cherchais à me former pour corriger mes défauts, au risque de laisse tomber mes qualités. Soit je m’associais avec quelqu’un qui a les qualités de mes défauts, et on décidait de prendre nos virages ensemble, en penchant la tête en même temps. C’est ce que j’ai fait ».

Rejoint sur scène par son associé François Martineau, celui-ci acquiesce et ajoute : « On n’a jamais les mêmes idées, on n’est d’accord sur rien. Mais cette confrontation d’idées apporte des questionnements plus profonds et nous pousse à sortir de nos zones de confort pour sortir des idées qu’on n’aurait pas eues au départ ».  

Le mot de la fin sera donné par Jean-François : « Je vous invite à embrasser les réalités qui sont propres à chacun de vos métiers afin de vous élever et vous permettre de créer de nouvelles réalités ».

Ovation.


Texte: Sarah Meublat

Crédits photos: Crédits photos: Adrien Williams (photo Nu Face), Alexandre Guilbeaut (photos maison Bouleau et projet SPOT), autres photos courtoisie ADHOC architectes. 

#CMReality: En conversation avec Jean-François St-Onge

C’est en suivant les conseils de Confucius pour ne jamais travailler de sa vie, que Jean-François St-Onge est devenu architecte. Après un passage dans différents cabinets de Montréal, d’ Atelier In Situ à Lemay & associés, Jean-François a suivi son instinct entrepreneurial pour créer ADHOC architectes, avec son associé François Martineau. Ce mois-ci, le thème partagé par toutes les équipes de CreativeMornings à travers le monde était « Reality ». Or que fait un architecte sinon donner vie aux rêves et aux projets de ses clients, les rendre réels? 

C’est donc avec un immense plaisir que nous avons invité Jean-François à venir partager son expérience avec la communauté créative montréalaise. Un pari qu’il a relevé haut la main, avec énergie, humour et générosité. Nous avons décidé de poursuivre la conversation un peu plus longtemps, et de la partager avec vous.  

Comment as-tu su que tu voulais devenir architecte ?

Enfant, je passais mon temps à dessiner ! Mes grands-parents sont des snowbirds, donc chaque année, je partais ponctuellement avec eux en vacances dans leur caravane. Les espaces étaient si petits que je m’amusais à dessiner des plans pour les améliorer.

Tu nous racontais pendant la conférence que le conseiller d’orientation que tu avais rencontré à l’adolescence avait tout fait pour t’en dissuader…

J’aurais pu me décourager mais c’est tout le contraire qui s’est produit. Il ne m’en prenait pas plus pour éveiller l’instinct de guerrier en moi ! J’étais bon en mathématiques, en sciences et en dessin. J’ai donc décidé d’étudier la biologie, la physique et la chimie, ce qui était un parcours assez classique à l’époque pour devenir architecte. Ça m’a permis de mieux comprendre la réalité des éléments.

Ton parcours scolaire n’a pas été linéaire. Peux-tu nous le raconter ?

J’ai changé d’écoles régulièrement, ce qui m’a permis de me confronter à différentes réalités. J’ai commencé par deux ans en architecture à l’Université de Laval, puis j’ai fait un échange universitaire à l’École Polytechnique fédérale de Lausanne en Suisse. J'ai ensuite arrêté mes études pendant un an pour faire des stages, avant de poursuivre mon cursus par une maîtrise à l’Université de Montréal.

En 2011, tu décrochais la prestigieuse Bourse du Collège des Présidents de l'OAQ pour réaliser un voyage de recherche. Quel était ce projet ?

Grâce à cette bourse, j’ai passé plus de deux mois et demi dans les pays autour de la mer du Nord, en Islande, en Écosse, en Angleterre, en Norvège, aux Pays Bas…Mon projet d’études était de questionner notre rapport à l’eau, et plus spécifiquement le rapport qui se noue entre l’usager, l’eau et l’architecture. L’idée était de créer un blog, eau123go, pour permettre aux gens de suivre le projet, puis, à terme, de créer une exposition itinérante de photos.

Comment avais-tu imaginé cette exposition ?

Montréal a été fondée sur le bord du fleuve, mais aujourd’hui on tourne le dos à l’eau et à notre passé. Quand je vois les projets menés en Scandinavie, où le climat est souvent plus extrême qu’au Québec, je me dis qu’il serait temps de nous réapproprier nos berges. Avec cette expo, je voulais donc montrer aux gens tout ce qu’il serait possible de faire ici. Mais je me suis heurté à la réalité : les bords du fleuve ne sont pas publics et appartiennent à de nombreux acteurs. L’exposition n’a donc jamais pu se faire.

 

La nature a une récurrence importante dans ta démarche d’architecte. Peux-tu nous expliquer ce qu’elle représente pour toi?

Je suis né dans le Bas-Saint-Laurent, au cœur de Kamouraska, où la nature est magistrale ! Les éléments naturels sont une source infinie d’inspiration pour moi. Je peux en étudier la structure, les rapports dans l’écosystème, leur valeur symbolique. C’est certainement ce qui explique que tous nos concepts architecturaux viennent de la nature, que ce soit le papillon, le bouleau, le pissenlit, la géode…

Justement, peux-tu nous parler d’ADHOC architectes ? Qu’est-ce qui t’a décidé à créer ta propre agence ?

J’ai eu envie de me confronter moi-même aux réalités! Tout comme François, mon associé, je viens d’une famille d’entrepreneurs. C’était une fibre indispensable pour créer notre propre agence d’architectes.

Comment vous êtes-vous rencontrés ? Étiez-vous amis ?

J’ai rencontré François sur les bancs de l’école mais on n’était pas amis au début. On avait un profond respect par rapport aux projets de l’autre, mais ça s’arrêtait là. Puis on a travaillé sur un projet en commun et on s’est aperçu que ça fonctionnait.

Comment la collaboration s’est-elle mise en place ?

On a commencé par tâtonnements. On montrait en quoi on était bon, ce qu’on aimait. Nos forces et nos faiblesses nous sont vite apparues comme complémentaires. Encore maintenant les faiblesses de François m’énervent et vice-versa, mais c’est pour ça que ça fonctionne (rires). Nous sommes deux forces complémentaires : j’apporte les idées pétées et François s’assure que tout est réalisable. Nos clients nous demandent souvent, d’ailleurs, si nous travaillerons en duo pour développer leur projet.

Pourquoi avoir choisi le nom d’ADHOC architectes ?

« Ad hoc » signifie « pour cela », ce qui exprime bien l’idée de répondre à des besoins de façon spécifique, de créer un objet sur-mesure. Tu remarqueras aussi qu’on a choisi le terme « architectes » et non pas « architecture ». C’est un détail important, qui exprime l’importance de l’humain expert derrière l’entreprise.

Les projets menés par l’agence sont si variés, de l’habitation au design urbain. Y a-t-il un projet qui te fait rêver ?

Je rêve de tourner Montréal vers l’eau. Ce serait un projet très ambitieux pour la ville. Ça nécessiterait de renoncer à certains éléments qui ont fait Montréal, comme le port, la voie ferrée. Ça impliquerait aussi la fin de la privatisation des berges et une réappropriation de ces espaces par le publique. Les seuls espaces qui donnent accès au bord de l’eau, comme l’île Sainte-Hélène ou Verdun, sont dus à la construction du métro et aux monticules de terre créés par le fait de creuser.

Comment imagines-tu Montréal dans le futur ?

J’aime le côté multiethnique de Montréal, c’est une ville qui présente de multiples visages. Je n’imagine pas la ville dans la fusion de ses quartiers mais dans la valorisation de pôles ayant une identité propre, comme Saint-Henri et le multimédia, Verdun et son rapport hallucinant avec la nature, le Mile End artistique. Il pourrait être intéressant de connecter ces différents pôles en créant des ponts.


Texte: Sarah Meublat

Photo: Tora Photography

Les Grandes Rencontres créatives : le risque, facteur essentiel d’innovation

CreativeMornings/Montréal, en collaboration avec la Revue Gestion HEC Montréal, organisait vendredi dernier, tout de suite après la conférence de Julian Giacomelli, la première édition officielle des Grandes Rencontres créatives. Au programme de cette première rencontre entre gens d’affaires et créatifs, une réflexion commune sur le thème du risque comme facteur essentiel de l’innovation. 

Aider à penser différemment

Accueillis par un charmant robot au Centre Greenhouse de Deloitte, les 25 participants des Grandes Rencontres créatives ont pu découvrir cet espace immersif, destiné à favoriser la résolution de problèmes et à se familiariser avec les nouvelles technologies. “86 % des entreprises canadiennes ne sont pas prêtes à faire face aux mutations. Or innover est devenu un pré-requis”, annonce d’emblée Nancy Morin, directrice de l'expérience-client du Centre Greenhouse de Deloitte. 

C’est ce désir d’aider les gens d’affaires à penser différemment, grâce à l’analytique, à l’innovation et au numérique, qui justifie l’existence des 24 Centres Greenhouse Deloitte dans le monde, dont 3 au Canada (Toronto, Ottawa et Montréal). Autour de nous, les innovations s’exposent : masques de réalité virtuelle, imprimante 3D…un avant-goût des mutations technologiques qui révolutionnent notre environnement.   

La relation intime entre risque et innovation

“Que l’on parle de startups ou de grandes entreprises, la notion de risque est au coeur de toute démarche entrepreneuriale et inhérente à tout projet d'innovation. S’il est souvent perçu comme un obstacle à la création, le risque devient cependant bénéfique et porteur d’idées nouvelles pour qui sait l'apprivoiser”, explique Catherine Rousseau Saine, directrice des partenariats pour CreativeMornings/Montréal et co-organisatrice de l’événement. 

C’est en partant de cette réflexion que les Grandes Rencontres créatives ont été pensées. Pour en discuter, les 25 participants étaient invités à participer à des tables rondes, chacune étant animée par un créatif en affaires autour d’une question centrale, allant de “Faut-il nécessairement être à l’avant-garde des nouvelles technologies pour innover? à “Comment financer le risque?” ou “Peut-on innover sans prendre de risques?”.

Six créatifs en affaires, au coeur de l’interaction

Pour cette première édition des Grandes Rencontres créatives, six créatifs en affaires ont accepté de jouer le jeu de médiateur / initiateur de discussions: 

  • Claude G. Théorêt, fondateur et PDG de Nexalogy
  • Jonathan Belisle, créateur de Wuxia et cofondateur de Iotheatre
  • Julian A. Giacomelli, investisseur chez edō Capital et cofonfateur de Rise Kombucha et Crudessence
  • Olivier Demers-Dubé et Émilie Nollet, cofondateurs de ÉAU, Écosystèmes Alimentaires Urbains
  • Fady Atallah, cofondateur de Infinite City

Autour de ces figures inspirantes de l’innovation montréalaise, les participants papillonnaient de table en table, se mêlant à la discussion, apportant leur expérience, apprenant de celle des autres, avant de polliniser la prochaine. 

Discussions et interactions 

Au fil des discussions, les idées et les questions fusent. “Comment créer des environnements propices à l’innovation?” se demande un participant, tandis qu’un second questionne la perception que nous avons de l’innovation: “les entreprises qui pensent devoir être à l’avant-garde se plantent. Ce n’est pas étonnant si le terme ‘avant-garde’ tire son origine du vocabulaire militaire. Les premières vagues de soldats envoyés sur le front étaient ceux qui se faisaient décimer en premier. C’est la même chose en affaires, des entreprises comme Apple laissent les autres innover, puis ils observent leurs erreurs et les dépassent”. 

À une autre table, Claude Théorêt raconte: “ Je suis la personne la plus ridiculisée et critiquée de ma compagnie. Pourquoi? Parce que je suis également la personne qui propose le plus de choses! Le rejet fait partie de l’entrepreneuriat”. Cet homme qui a fait du risque son quotidien rappelle la réalité de l’innovation: “Il faut une moyenne internationale de 40 ‘non’ pour 1 ‘oui’. Et à Montréal, la moyenne s’élève à 200″.   

Retour d’expériences

À la fin de cette session d’échanges aussi courts qu’intensifs, la discussion est lancée et les esprits revigorés. 

Invités à partager leur expérience de cette première édition des Grandes Rencontres créatives, les participants sont unanimes: si la discussion part d’une question très théorique, les réponses données par chacun se veulent très personnelles, voire intimes. Une intimité permise par ce sas de réflexion coupé du monde, en petit comité de personnes toutes aussi passionnées, ouvertes et curieuses les unes que les autres. 

Le fait de se retrouver de façon accidentelle autour d’une table crée le contexte idéal pour une conversation profonde en court temps”, témoigne Fady Atallah. 

J’ai aimé découvrir de nouvelles entreprises comme ÉAU, dans cette Greenhouse, en cette Journée de la Terre! Donner des opinions sans être jugé, échanger avec des personnes aussi ouvertes d’esprit”, ajoute Normand. 

De ces discussions, plusieurs outils sont sortis. J’ai aimé la prise de conscience de l’acceptation de l’échec, tant à l’interne qu’à l’externe. En parler permet de créer une acceptabilité sociale bénéfique”, conclut Alice Monnet, d’HEC Montréal. 

Réflexions sur post-It

En quittant la salle, chacun colle son post-it sur la porte. Un mix de réflexions et d’idées qui dessinent les contours de l’expérience qui vient d’être partagée:

  • L’Innovation est une question d’humains et de progrès
  • Être à l’écoute, c’est être à l’avant-garde et permettre la continuité de l’innovation.
  • Exprime-toi aussi différemment que possible
  • L’échec est A-Okay

Quelques derniers non pressés de quitter la bulle des Grandes Rencontres créatives continuent d’échanger, laissant échapper une certaine frustration. “La formule est trop courte!” entend-on ci et là. Louis-Félix Binette, co-fondateur et hôte de CreativeMornings/Montréal se réjouit: “C’est le but de telles rencontres. Ce que nous voulons, c’est initier la conversation pour qu’elle se poursuive au-delà des murs”. 


Texte: Sarah Meublat

Photo: Tora Chirila Photography 

#CMrisk: Julian Giacomelli, cofondateur de Crudessence et RISE Kombucha

La salle était comble vendredi matin, chez Deloitte, pour écouter Julian Giacomelli parler de risque. Deux cent chanceux, tirés au sort parmi près de 600 participants: un record pour CreativeMornings/Montréal! Un engouement certainement dû au thème, mais également à la personnalité attachante et au caractère inspirant de ce modèle d’entrepreneur québécois qu’est Julian Giacomelli.

Qui est Julian Giacomelli?

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Julian est entrepreneur, consultant en management, coach et investisseur. Il a étudié le génie civil à McGill avant de faire un MBA à l’INSEAD en France. Il est surtout le co-fondateur de RISE Kombucha et Crudessence, deux start-ups montréalaises dévouées à l’alimentation saine. Julian a été le CEO de Crudessence de 2010 à 2013 et demeure le président exécutif de RISE. Il a co-fondé VSA Group, qui proposait des services-conseils à des entreprises en démarrage et appuyait des entreprises munies de technologies de pointe brevetées en partenariat avec des universités. Il est investisseur et partenaire chez edō Capital. Julian a également fait du conseil en management, en Afrique du Sud, en Europe et aux États-Unis, et enseigné au MBA en entreprenariat d’HEC Montréal. 

Un parcours hors des sentiers battus

Ce qui séduit de prime abord à écouter Julian Giacomelli parler de son parcours, c’est la sérénité de son approche, cette recherche incessante de construire son propre chemin, non pas en fonction de ce qu’on (la société, la famille, la logique) attendrait de lui mais plutôt en lien avec ses valeurs profondes. 

C’est ainsi qu’il raconte ses différents changements de trajectoires. Son passage du génie civil au MBA de l’INSEAD d’abord: “J’étais ingénieur mais plutôt que de réparer des choses déjà existantes, je voulais en créer de nouvelles”. Autant attiré par l’art que la science, il pense d’abord à devenir architecte. “Mais j’ai pris peur en voyant tous ces artistes dans la pièce”. Il s’envole donc pour la forêt française, direction l’INSEAD à Fontainebleau. Pendant un an, il y rencontre une grande diversité de personnes. “C’était terrifiant, se souvient-il, j’étais le plus jeune de ma classe et je me retrouvais à dire ‘Oui’ à toute une série de propositions que je n’aurais jamais imaginé, comme aller faire du rafting sur le Rhône”. 

À sa sortie de MBA, nous sommes en 1999, en pleine effervescence de la bulle d’Internet. “Il suffisait de dire qu’on avait un MBA pour se retrouver vice-président d’une compagnie!”, rappelle-t-il en riant. Julian Giacomelli se retrouve donc à New York, “à aider les riches entreprises devenir encore plus riches”. Mais, alors qu’il travaille pour la 40e journée consécutive sur le projet de carte noire d’American Express, il décide de filer en taxi à Central Park pour courir et se vider la tête. C’est là qu’un moment d’épiphanie surgit: “Je me suis arrêté net, j’ai regardé la lumière qui reflétait sur les tours de Manhattan et j’ai compris que je n’étais pas à ma place, que je fonçais droit dans le mur”. Plutôt que d’accepter la proposition de promotion qui lui est tendue, Julian plaque tout, prend son sac à dos et part voyager pendant un an à travers le monde. 

Troisième anecdote, troisième revirement. Julian voyage des plages d’Asie au Népal et jusqu’en Inde. Il y découvre le yoga et la méditation. Une histoire d’amour qui l’anime encore aujourd’hui et l’accompagne dans ses décisions d’affaires. Et pourtant, quand l’opportunité de rester en Inde pour devenir professeur de yoga apparaît, Julian refuse. “J’aurais pu accepter, mais je sentais que, là encore, ce n’était pas ma place. Il était temps de renter à Montréal!” 

De retour à Montréal, on ne peu plus svelte et flexible, Julian Giacomelli reprend le consulting à mi-temps. Le reste du temps, il le consacre au yoga. Les opportunités ne se font pas attendre, et rapidement la question se pose: “est-ce que je laisse mon entreprise de conseil croître?” Pour y répondre, Julian part marcher six mois en Europe, décidé à trouver une façon d’aligner son expérience en conseil et ses valeurs. L’idée ? Trouver des entrepreneurs prometteurs, déjà porteurs de projets, et les aider tant financièrement qu’en temps, en s’investissant personnellement auprès de l’équipe sur le long terme. “C’est là que j’ai rencontré trois néo-hippies, qui avaient l’idée de créer Crudessence et RISE, et j’ai aidé ces entreprises à grandir”. 


La gestion du risque

“Qu’est-ce que mon parcours a à voir avec le risque?”, c’est la question posée par Julian Giacomelli pour introduire la suite de sa présentation. Une réflexion sur l’importance de faire face au risque, et de ne pas se laisser dicter sa trajectoire par ses peurs. “Quand on arrive face à des choix profondément personnels, il faut penser différemment et écouter son instinct, cette petite voix qui nous connaît si bien”. 

“Nous vivons dans un monde dont le nombre de problème croît de façon exponentielle, poursuit-t-il. Nous avons besoin de passer à une nouvelle ère”. Un nouveau paradigme qui aborderait le monde dans lequel nous vivons non pas par la lunette des problèmes, mais des solutions. 

Si l’individualisme – dans le sens de “prendre soin de soi” – est important, il ne suffit plus à se sentir entier. ”Devenez des individus connectés à votre communauté!” lance Julian Giacomelli en conclusion. Une réflexion qui fait très fortement écho au discours de Michel Cartier le mois dernier…

Texte: Sarah Meublat

Photo: Tora Chirila Photography

 #CMRisk: The Risk In Rebranding Yourself

These days, branding isn’t only for companies. Your personal brand, the way you present yourself personally and professionally, can be the key to getting that job, making that sale, or attracting those clients. From your previous professional experience, to your online presence and even your personal look and style, all make up your personal brand. Your brand is a snapshot and a promise.

Think not just of your favorite magazine or website, but think of your favorite contributor to that magazine, writer on that site. You love and follow them for specific reasons: their voice; their perspective; their choice of topics. All these things are part of their brand and, if it were to change dramatically, you would notice … and you might not like it.

There’s a reason it’s called branding: like a hot, logo-shaped iron applied to a cow’s haunch, it doesn’t fade. It’s yours. And, in this case, you built it. You own it. But what if you decide you want or need to rebrand? What if you feel this brand no longer represents you or you feel you’ve gone as far as your current brand will take you? What if you feel the path that has produced your current brand is simply the wrong one? You need to consider the very real risks involved in rebranding yourself.

Fact is, rebranding is a reality for many creatives. For many of us, our true interests and passions don’t come to us until later in life. What are the chances that the professional choices you made when you were 18 are going to be professionally and personally fulfilling when you are 30, 40, 50? After spending years on one path, simply leaving that path and forging another can be daunting enough, but convincing family and friends, potential employers and investors, that you belong on that path can seem nearly impossible, especially if your previous brand doesn’t seem to translate neatly to your new one.

A friend of mine is dealing with just such a rebranding effort. Prospective employers wonder why she would possibly distance herself from an achievement many would kill for, why she wouldn’t capitalize on what, to most people, is a major strength, if she is overqualified and why she wants to make such a drastic shift. And, given that branding is all about consistency and reliability, they think of this inconsistency as a risky investment.

So what do you do? Do you take the risk to scrub your current brand away, ignoring years of work and effort? Take the risk to ignore your instincts, stick to the current brand by staying on the old path? Or, work to somehow build a stronger link between the two?  All options come with an inherent level of risk. Which path would you take?


Written by Andre Farant and Sophia Kapchinsky

Illustration by Sophia Kapchinsky 

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La force du réseau CreativeMornings : pourquoi on a besoin de vous!

On le répète à chaque événement: en assistant aux événements de CreativeMornings, c’est un réseau mondial que vous rejoignez. Présentes dans quelque 139 villes à travers le monde, les équipes de CreativeMornings sont toujours prêtes à vous accueillir comme il se doit, en partageant avec vous ce qui rend leur ville si vibrante. Une belle façon de voyager n’est-ce pas? 

Récemment, Louis-Félix Binette, hôte de l’édition montréalaise recevait le témoignage de Phil, qui revenait de Prague, où il avait été reçu en prince par les équipes locales

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Voici son témoignage:

Salut Louis-Félix,

Je t’écris pour te raconter la fois où j’ai été accueilli en roi au CreativeMornings à Prague. C’était pour le thème #CMshock et j’en ai eu tout un, de choc!

J’ai assisté à un talk en tchèque où je n’ai absolument rien compris, mais avec une vibe des plus positives qui n’avait absolument pas besoin de sous-titres.

J’ai exactement fait ce que tu nous as suggéré de faire en voyage: une fois la présentation terminée, je suis allé voir l’organisation et j’ai aussitôt été invité à les joindre pour manger avec la crew. Je leur parlais de Montréal, de New York, de poutine, de clam chowder et de bancs de neige de cinq pieds. Ils trouvaient ça vraiment exotique!

 À un moment donné, quand les gens ont commencé à allumer qu’ils avaient des réunions et s’en allaient, une fille s’est approchée de moi pour faire connaissance. Une Slovaque avec un background d’ingénieure qui fait maintenant dans l’Internet Of Things. Nous avons jasé un peu et elle m’a dit: « Cet aprèm j’ai des rendez-vous, mais dimanche, on pourrait aller déjeuner. ” C’est là que j’ai compris l’énergie des CreativeMornings.

Alors, le surlendemain, j’ai retrouvé cette demoiselle au resto de la tour  Žižkov pour bruncher. On élaborait notre itinéraire de la journée avec une chanson de Céline en fond sonore! J’ai eu droit à un tour guidé de Prague des plus complets. On a tout fait: musées, galeries, le pont, les rues, tout. Des endroits incontournables où ma guide elle-même n’était pas encore allée. Bien entendu, cette fille est devenue une bonne amie, on garde contact régulièrement.

Plus j’y pense, plus je me dis que mon moment préféré de ce premier voyage en solo, a été de prendre un verre sur le top de la Dancing House avec ma guide, et de se dire que les gens sur-analysent bien trop. 

Phil 

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Pourquoi on a besoin de vous?

Pour continuer à faire vivre ce réseau mondial, constitué exclusivement de bénévoles qui ne ménagent pas leurs efforts pour vous offrir des conférences toujours plus percutantes, toujours plus enrichissantes, nous avons besoin de connecter tout ce monde là. Ne serait-ce qu’une fois par an. C’est la raison d’être du CreativeMornings Summit 2016, prévu à Austin au Texas. 

Si la destination ne paraît pas si loin pour nous qui vivons à quelques heures d’avion des États-Unis, elle peut sembler au bout du monde pour une grande majorité. Organiser une telle rencontre mondiale, aussi nécessaire pour continuer à faire vivre le réseau qu’inspirante, coûte cher. 

C’est pourquoi nous nous tournons en premier lieu vers vous, notre communauté locale. Vous qui nous retrouvez dans des lieux toujours plus surprenants, aux quatre coins de Montréal, chaque dernier vendredi du mois pour échanger, apprendre et réfléchir ensemble. 

La campagne Kickstarter touche à sa fin ce samedi 9 avril et nous avons besoin plus que jamais de votre contribution pour continuer à faire vivre le réseau CreativeMornings! 

Alors on compte sur vous :)

 http://www.creativemornings.com/kickstarter

Texte: Sarah Meublat

Photos et vidéos : CreativeMornings (cover et vidéo), Philippe Fournier (2e et 3e photo)

#CMRisk: Apprivoiser le risque en célébrant l’échec au FailCamp

Pour apprivoiser le risque, inhérent à toute démarche entrepreneuriale, il faut démystifier l’échec. Or quelle meilleure façon pour dédramatiser l’échec que de le célébrer, voire d’en rire ? C’est cette idée aussi simple que brillante que visent à promouvoir Léa Beauchamp-Yergeau, Robert Boulos et Francis Gosselin (ex-Creative Mornings Montréal) à travers FailCamp. Un événement où les échecs se partagent comme de puissantes anecdotes. 

Nous assistions vendredi dernier à l’édition montréalaise 2016 dans les locaux de Sid Lee. De quoi initier la réflexion sur notre nouveau thème du mois : le risque.

Lever un tabou

Sur la passerelle jaune qui sépare l’assemblée en deux parties, les conférenciers se racontent tour à tour. Les anecdotes rebondissent, les récits s’entrechoquent. Des confidences publiques qui ébranlent. L’émotion est palpable, les gorges se nouent et les yeux brillent. C’est que dans nos sociétés, l’échec reste un tabou. Quelque chose qu’on tente de gommer honteusement. Comme si les échecs rencontrés allaient ternir une réussite présentée. Pourtant, ce FailCamp nous le démontre avec poigne : derrière chaque succès se cache une série d’échecs. Comme le revers d’une médaille, dont la facture peut s’avérée salée.

Réussite et échec, les deux faces du risque

Qu’est-ce que le risque, sinon l’acceptation que nos actions comportent autant une promesse d’avantages que la probabilité d’un échec ? Tenter de réussir et d’avancer, c’est prendre le risque d’échouer. L’un ne va pas sans l’autre.

L’entrepreneur et chroniqueur Philippe Bertrand, premier conférencier à prendre la parole, annonce d’entrée son pédigrée : « J’ai créé dix entreprises en quize ans. Sept ont été un échec. Il m’en reste donc trois ». Sur la question de l’échec, le serial entrepreneur est sans équivoque: « la question n’est pas de savoir si nous allons frapper un mur, mais quand ». Certains d’entre nous préféreront certainement fermer les yeux en espérant que ça passe, mais la réalité est implacable : nul n’échappe à l’échec. Qu’il soit professionnel, personnel ou amoureux, qu’il soit risible ou potentiellement dramatique, personne ne peut prétendre vivre une vie sans échec.

Un prix à payer ?

Anne Marcotte et Jean-Martin Aussant nous le rappellent : le pire échec n’est pas d’ordre monétaire, mais bien personnel. Si la première a connu un grand succès dans les affaires, elle déplore, la voix tremblante, combien il lui est difficile de rencontrer un homme qui ne se sente pas diminué par sa réussite. Le second se souvient avec un certain regret ses années passées sur la route à mobiliser les troupes autour de son parti, Option Nationale. « Mon succès est inextricablement relié à un échec phénoménal d’un point de vue personnel puisque j’ai manqué les deux premières années de mes jumeaux », confie Jean-Martin Aussant.

Délitement des liens familiaux, sentiment de vivre en parallèle de la société, embûches administratives et financières, situations ridicules…les visages de l’échec sont multiples, tout autant que les risques qui y sont liés. 

Faire de l’échec sa force

Quand la majorité d’entre nous tente de prévenir l’échec, de le contrôler, de l’apprivoiser, d’autres en ont fait leur fond de commerce. C’est le cas de la youtoubeuse Ina Mihalache, hilarant dans son rôle de Solange vous parle. « Solange est un personnage qui assume publiquement son échec et qui en fait sa force », explique-t-elle. Personnage de fiction ou vie réelle de la comédienne, les frontières se flouent. L’air nonchalant et pensif, Ina Mihalache fait de sa vie cousue d’échecs, un théâtre vivant, pathétiquement drôle.

Apprivoiser l’échec

Ali Gerba, ancien attaquant de l’Impact de Montréal et star du ballon rond, se souvient de la fin de sa carrière et de sa dépression quand il a fallu redonner un sens à sa vie loin des projecteurs. Le sportif a la tête froide, des rêves plein la tête, et les mains agrippées à son ballon. « Je suis né dans l’échec, commence-t-il en riant de son enfance au Cameroun, mais j’ai toujours trouvé que la pitié me tuait ». C’est pourquoi, dit-il, il ne se laissera jamais intimider par la peur de l’échec des autres. « Quand j’ai commencé à comprendre l’échec, je l’ai apprivoisé très vite ». Comment ? En tirant de chaque échec l’occasion de chercher à s’améliorer. Une force de caractère qui l’amène d’ailleurs à conclure qu’il n’a aucune intention de célébrer l’échec, que chacun devrait au contraire combattre cette peur en donnant toujours le meilleur de soi.

L’échec ou le risque de ne rien faire

Andy Nulman, président de Juste pour rire, arrivera plus tard en fanfare. Le tempo s’accélère au rythme des anecdotes hilarantes et libératrices du personnage. Pendant plusieurs minutes, il partage avec nous l’une des situations les plus ridicules qu’il ait vécue : invité en tant que conférencier aux CMA Awards, il se lance dans une performance si décalée, entre poèmes et chants gospel, que l’auditoire en est gêné. « J’ai fait toutes ces choses complètement folles, explique-t-il, mais je retire deux choses de cette expérience : premièrement, j’ai eu le courage de le faire ; deuxièmement, ce n’était pas si mal ». Avant de conclure : « Et puis, qui en a quelque chose à foutre ? Je préfère tomber sur le cul que de ne rien faire. En réalité, l’échec n’existe pas. Ce n’est probablement qu’une graine plantée pour un prochain succès ».

Anticiper l’échec

Dernier intervenant de la soirée, Justin Kingsley, maître montréalais du storytelling, revient sur son expérience en tant qu’attaché de presse de l’ancien premier ministre canadien Paul Martin. Une histoire de gestion de crise, en direct, face à un dédale de journalistes sur le qui-vive. Le résultat de micro erreurs accumulées qui se dévoilent sous les projecteurs. L’occasion surtout d’apprendre. Et de tirer quelques leçons pour mieux appréhender l’échec face à une prise de décision à risque : ne pas écouter sa raison, ne pas se laisser guider par ses émotions, mais toujours suivre ses tripes. Quoi qu’il arrive. Apprendre à faire confiance à sa propre paranoïa, et l’accepter comme une force plutôt que comme une tare à combattre. C’est le moyen qu’à trouvé Justin Kingsley pour anticiper toutes les situations les plus risquées. Et se préparer à y faire face.

Se préparer à l’échec

En début de conférence, Philippe Bertrand, avait commencé par nous donner ses cinq conseils pour se préparer à l’échec, notamment en cas de faillite. En cette fin de FailCamp, ses mots résonnent et font écho à tout ce que nous avons entendu. Ses conseils, les voici: 

1.     Soyez vigilant et regardez le mur apparaître

2.     Demandez de l’aide, que ce soit sur un plan professionnel ou personnel

3.     Payez-vous en premier, car une auto sans essence ne va nulle part

4.     La minute que le mur arrive, ralentissez tous vos trips (alcool, drogue, caféine…)

5.     Trouvez-vous une passion. N’importe laquelle, même la plus idiote.


Informations:

FAILCAMP // Pour pour de réflexions sur l’échec, suivre l’actualité des conférences et lire les articles de blogue de Failcamp, nous vous recommandons de visiter http://fail.camp. Vous pouvez aussi suivre leur page Facebook/FailCamp.

CREATIVE MORNINGS MTL // La prochaine conférence de Creative Mornings Montréal, qui aura pour thème le risque, aura lieu le 22 avril prochain. Restez à l’affût en vous inscrivant à notre infolettre: https://mtlcm.co/news ou en nous suivant sur Facebook/CreativeMorningsMTL

Texte et photos : Sarah Meublat

Illustration: Andreas Preis

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#CMCHANGE: 5 questions for Sonya Sammut, founder and owner of Sachère Desserts

Sonya Sammut has been a pastry chef for the last 12 years, working with some of the most prestigious restaurants and executive chefs in Montréal. In 2014, she decided to start her own business: Sachère, a gourmet dessert catering company. Made with high quality ingredients and lots of attention to detail, Sachère desserts are uniquely packaged in ready to serve Mason Jars. 

Last Friday, Sonya prepared delicious breakfast panna cottas for our CreativeMornings/Montréal #CMChange event. This gave us the opportunity to chat with her about her passion for desserts and how embracing change has let her to start her own business.

Creative Mornings Montreal: How did you become a pastry chef?

Sonya Sammut : I’ve always been a creative person. I took cooking classes for one year at the ITHQ, a cooking school in Montréal, where I specialized in Italian cuisine. Then I started working as a cook in a couple of local restaurants. I liked this experience a lot, especially when I was in charge of preparing desserts. So after three years as a cook, I decided to go back to school and become a pastry chef. 

MTLCM: What made you decide to start your own business ?

Sonya Sammut: I am so independent that I wanted to give it a try. After the ITHQ pastry classes, I was working in many restaurants, from Hotel Saint-James where I learned molecular cuisine, to the Casino de Montreal’s kitchens. I had stable jobs for four years but, because of ongoing changes in the Montréal restaurant industry, I had been laid off three times in one year. As restaurants had to cut their expenses, pastry departments are usually the first to go. And so, I thought there could be a market as an independent. Seems I was onto something! 

MTLCM: Mason jars have become a signature for Sachère desserts. How did you discover this idea  ?

Sonya Sammut: When I started Sachère desserts, I was still working part-time and I wanted to create a unique product that would be easy to deliver. Mason jars are easy to transport, easy to install, the desserts stay fresh and they can be kept for a few days in a fridge. Plus, it’s a fun way to share desserts. The idea really took off! 

MTLCM: How do you express your creativity inside the Mason jar?

Sonya Sammut: I am always interested in new ideas. Owning my own business is a great inspiration. Just knowing, when I wake up, that I will be able to create what I want to create is thrilling! I can put very different things inside the jar, depending on the season. I can either show my clients what I can do, or work with their ideas. I really love working with fresh fruits and local vendors. Being responsive to the community is very important to me. 

MTLCM: How do change the way you create and adapt your desserts to the community you are evolving in?

Sonya Sammut: The lactose-free and gluten-free markets are a real challenge that I have recently embraced. My mother was lactose-intolerant and some of the people around me were becoming gluten free but creating lactose-free and gluten-free desserts are still completely new to me. I do a lot of research to find products that taste well and hold well. I place a large emphasis on people’s preferences and tastes. Social media like Pinterest and Instagram are perfect tools for that! 

If you’re interested in ordering Sachère delicious and creative products, visit sachere.com. Sachère Desserts is also on Facebook, Twitter and Instagram.

Photos: Tora Chirila (cover) and Sachère dessert 

Text: Sarah Meublat

#CMchange: Tora’s recipe for change

Let’s assume that you are at a point in your life where you need a new direction, a change in career that goes beyond changing jobs

You want change, need change…How do you do it? Where do you start? How do you even dare? Do you just…quit what you’re doing now? I mean, you have some idea of a plan of what to do, but really? What if it doesn’t work? What if…? The questions go on and on, and you are just stuck.

I was in that position last year, and I was looking for all the answers and advice I could get. I would read blog post after blog post and watch countless YouTube videos on the topic…And I did change paths: from a 9 to 5 career in the corporate financial world to creative freelancing in photography. From being an employee to being my own boss, from having a fixed work schedule to working any time and all the time, from getting a secure monthly income to something much more chaotic. It was one of the hardest and best decisions I have ever taken.

So let me tell you my recipe for change and how I survived it.


1. Be passionate

Passion is the first ingredient. You find/ have something you are deeply passionate about, and this is generally what triggers the frustration in your life.  Passion is what gives the flavour. So add as much of it as you can.


2. Be motivated

Motivation is an extremely important ingredient. You need to understand that real change happens when you realize that keeping the status quo is a far more frightening thought than going through the effort of change. Change is not easy. It was not easy for me, it will probably not be easy for you. But once you have the motivation, what you need to do becomes very clear. You can also add in the mix: will-power, perseverance, determination, and a sprinkle of stubbornness.


3. Rationalize: 

Yes, be smart about what you’re doing, plan ahead, save money, research as much as you can about your new path, do it part time for a while. Change is no joke and you need to take it very seriously. For me, change came with a resignation letter, but it really happened over time. I studied photography, freelanced during summer, I saved money and planned ahead. I knew what I was doing, yet somehow I had no idea what I was getting myself into. My lifestyle changed completely and it really took me a while to get used to it.  


4. Hustle

This is what makes this whole recipe really difficult. I mean, if you aim high (and you should!), you will need to push yourself every day. Let’s say you’re switching from a full time job to freelancing. There are many sleepless nights ahead of you, your social life will most probably suffer, you’ll need to juggle several projects, manage tight deadlines, you’ll need to learn new skills and be better than your competition. The way I see things? Don’t go into freelancing because you expect it to be easier than your day job (it won’t), especially don’t expect to work less (you won’t). Take it as a challenge and accept that failure is an option.


5. Learn new skills

I mentioned it above, but getting new skills is an important ingredient.  Whatever change you’re undertaking, chances are you’ll need to learn some new skills. And I’m not really talking about the obvious ones, the skills for your new trade. Let’s use the freelancing example. Well, if you’re an artist, chances are you don’t know much about business, marketing, sales, and everything behind managing a (small) business. Lucky you, we live in this century and all the information you need is out there on the www. But it takes time, and you’ll much rather finish that design for your client than learning how to use FreshBooks. However, learning these skills might make the difference between success and failure.


6. Enjoy the ride

And don’t tell anyone but this last one is my secret ingredient: enjoy the ride!!! Keep your end goal in mind but don’t forget to live in the moment and be happy with whatever you’re doing. This is what made and makes everything worth it for me! Change is a bumpy road, with ups and downs but I enjoy every step of the way and I try to have fun with every challenge that my new life throws at me. This way, I know that whatever happens, I’ll look back with no regrets thinking: “That was one heck of an amazing experience!“

Text and photography: Tora Chirila

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